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Publié par Abdoullatif

Coran, sourate Tâ-Hâ, versets 14-16.

Coran, sourate Tâ-Hâ, versets 14-16.

LE DIX-SEPTIÈME TAWHÎD
provenant du Souffle du Tout-Miséricordieux, c'est la Parole
du Très-Haut :

                                  ...et Moi, Je t'ai choisi
                                  Ecoute donc ce qui a été inspiré
                                  En vérité Moi (Je suis) Allâh
                                  Pas de Dieu si ce n'est Moi
                                  Adore-Moi donc !

                                      Sourate Tâ Hâ, verset 14

C’est le Tawhîd de l'Audition et de l'Ego.

On le lit aussi au pluriel, selon la variante « Et Nous, Nous t'avons choisi ». En ce cas (on considère qu') Il a employé le pluriel, ici, puis le singulier en disant « En vérité, je...(innany) » où la particule (initiale) in est employée pour affirmer le Vrai (kalimatu tahqîqin) de telle sorte que c'est la qualité correspondante, c'est-à-dire la « inniyya » qui est la Vérité essentielle (haqîqa).

Comme d'autre part la marque du pronom personnel yâ’ (1) produit un effet sur la forme de la haqîqa, celle-ci a regardé ce qui, au sein de la réalité existenciée (wujûd), était selon sa forme ; elle a trouvé alors un nûn d'entre les nûn et lui a dit : « Protège-moi par toi-même à cause du pronom personnel , afin qu'il ne produise pas son effet sur la forme de ma Vérité essentielle et que celui qui voyait et qui entendait (2) ne constate aucune altération en elle et qu'il n'aboutisse pas à la conclusion que c'est le qui est lui-même la haqîqa .» Le nûn de la préservation vint ainsi et s'interposa entre le d'une part et le nûn de la haqîqa de l'autre ; le produisit alors un kasra dans le nûn situé près de lui (3). S'il s'appelle « nûn de la préservation » c’est donc parce qu'il protège la haqîqa par lui-même de telle sorte qu'elle reste ce qu'elle est et qu'aucune altération ne l'atteigne. C'est pourquoi, Il a dit « innany Anâ Allâh ». Sans le nûn de la préservation, Il aurait dit inny Anâ Allâh (4) et l'aurait altérée.

L'altération de la haqîqa du fait d'une différenciation concomitante (à la contemplation dont elle est l'objet), c'est la Station de Sa manifestation théophanique (tajallî-Hi) dans les formes le Jour de la Résurrection. De fait, il n'y aura alors que deux formes exclusivement : l'une qui ne sera pas reconnue et l'autre qui le sera (5). Même si l'on supposait une indéfinité de formes, elles se ramèneraient nécessairement, dans ce contexte, à l'une de ces deux catégories.

Si l'on adopte la lecture : « ...et Moi Je t'ai choisi », la inniyya est plus vraie, plus directe et plus incompatible encore avec une altération quelconque, car le Tawhîd ne cesse de l'accompagner alors jusqu'à la fin du verset, dans Sa parole : « Adore-Moi donc !». En revanche, si l'on adopte la lecture comportant le pluriel, l'altération apparaît dans le fait que l'Être unique (6) passe de la multiplicité à l'unité. Toutefois, le cours même du verset renforce cette (deuxième) version car la présence d'une multitude de choses (umûr) requiert l'intervention de Nom divins différents (7). Il y a donc nécessairement altération puisque la Manifestation en toute forme implique cette intervention. L'on rapporte même que tout l'ensemble des formes qui se présentèrent à Moïse en cette circonstance était de douze mille. (Dieu) lui disait dans chaque forme : « O Moïse... » (8) afin qu'il y prête attention. En effet, s'il avait été suscité pour une forme unique, la Parole (divine) n'aurait pas pu se disposer harmonieusement et (Dieu) n'aurait pas dit en toute forme : « O Moïse ! ». Sachez bien cela !

Le Tawhîd contenu dans ce verset est un des plus difficiles qui soit ; Il a dit : « Et Nous, Nous t'avons-choisi... », au pluriel, ensuite Il a employé le singulier, puis II a multiplié ce qu'Il a dit (kallama) à Moïse : sur lui la Paix ! Il s'agit donc d'un Tawhîd du pluriel (c’est-à-dire d'une pluralité) quelle que soit la lecture que l'on adopte ! Il faut préciser cependant que la Parole « Et Nous, Nous t'avons choisi... » Hamza (9) l'a lue à haute voix en état de sommeil, d'après le Seigneur de la Toute-Puissance (10) ; son Seigneur lui a dit : « Et Nous, Nous t'avons choisi... ». C'est par conséquent aussi un Tawhîd du « monde intermédiaire » ; c'est pour cela qu'Il a employé le pluriel : il s'agit d'une théophanie en mode formel (sûrî) dans l'état de sommeil ; dès lors, la lecture devait nécessairement se faire de cette manière. Si t u la remets au singulier (dans la seconde partie du verset) après le pluriel, c'est du fait de l'unité de la multiplicité (jam') et de rien d'autre.

(1) Il s'agit du final du vocable innany.
(2) Moïse, à qui s'adresse le Discours divin depuis le 11e verset de la même sourate.
(3) ...et non sur le nûn de la haqîqa qui termine la particule « in ». Celui-ci est doté d'un fatha, significatif de la position « active » qu'il occupe par rapport au « nûn de la préservation ».
(4) Ces deux expressions ne diffèrent, quant à leur sens, que par le symbolisme de leurs lettres.
(5) Allusion au hadith selon lequel Allâh apparaît aux Gens de la « Station » le Jour de la Résurrection et leur dit : « Je suis votre Seigneur ». Ils répondent alors : « Nous nous réfugions par Allâh contre toi ! Ce n'est pas toi notre Seigneur. » Ensuite, le Très-Haut Se manifeste à eux dans la forme qu'ils ont connue et qu'ils reconnaissent, ce qui correspond à une « altération » de la Haqîqa véritable, adéquate à toute forme, qui s'était manifestée à eux tout d'abord.
(6) Al-‘ayn al-wâhida. Le mot 'ayn a le sens d'« essence propre » et par conséquent de « détermination ». L'épithète wâhid (unique) indique qu'il s'agit de l'Être pur.
(7) En l'occurrence, il s'agit des « choses » inspirées à Moïse, c'est-à-dire des Paroles divines.
(8) Allusion à Cor.,20, 11. C'est le début du Discours divin à Moïse où figure le présent Tawhîd.
(9) Une des sept lectures traditionnelles du Coran lui est attribuée.
(10) Rabbi-l-‘Izzati. Allusion à Cor., 37,180.

[Ibn Arabî, Chapitre 198 des Futûhât, extrait du livre Le Coran et la fonction d’Hermès, Traduction et présentation d’un commentaire d’Ibn Arabî sur les trente-six Attestations coraniques de l’Unité divine, Charles-André Gilis, Les Éditions de l’Œuvre, 1984, p.112-115. Nous renvoyons aux Remarques complémentaires du traducteur, p.115-118.]

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beldjilali mokhtar 13/03/2015 22:45

AUCUN

beldjilali mokhtar 13/03/2015 22:44

AUCUN