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Publié par Abdoullatif

Abd Allâh Ibn Mas’ûd récitant le Coran près de la Kaabah devant des membres de la tribu des Quraych. Siyer-i Nebi (XVIe siècle).

Abd Allâh Ibn Mas’ûd récitant le Coran près de la Kaabah devant des membres de la tribu des Quraych. Siyer-i Nebi (XVIe siècle).

Connais-toi toi-même, article traduit de l’arabe, publié dans la revue El-Ma’rifah, n° 1, mai 1931 (cf. Mélanges, chapitre VI) : « Il y avait, avons-nous dit, dans le temple de Delphes une pierre appelée omphalos, qui représentait le centre de l’être humain aussi bien que le centre du monde, suivant la correspondance qui existe entre le macrocosme et le microcosme, c’est-à-dire l’homme, de telle sorte que tout ce qui est dans l’un est en rapport direct avec ce qui est dans l’autre. Avicenne a dit : « Tu te crois un néant et c’est en toi que réside le monde. » Il est curieux de signaler la croyance répandue dans l’Antiquité que l’omphalos était tombé du ciel, et l’on aurait une idée exacte du sentiment des Grecs à l’égard de cette pierre en disant qu’il avait quelque similitude avec celui que nous éprouvons à l’égard de la pierre noire sacrée de la Kaabah. »

Le Roi du Monde, chapitre premier - notions sur « l’Agarttha » en Occident : « Telle est, par exemple, l’histoire d’une « pierre noire » envoyée jadis par le « Roi du Monde » au Dalaï-Lama, puis transportée à Ourga, en Mongolie, et qui disparut il y a environ cent ans (1) ; or, dans de nombreuses traditions, les « pierres noires » jouent un rôle important, depuis celle qui était le symbole de Cybèle jusqu’à celle qui est enchâssée dans la Kaabah de La Mecque (2). Notes : (1) M. Ossendowski, qui ne sait pas qu’il s’agit d’un aérolithe, cherche à expliquer certains phénomènes, comme l’apparition de caractères à sa surface, en supposant que c’était une sorte d’ardoise. (2) Ll y aurait aussi un rapprochement curieux à faire avec le lapsit exillis, pierre tombée du ciel et sur laquelle des inscriptions apparaissaient également en certaines circonstances, qui est identifiée au Graal dans la version de Wolfram d’Eschenbach. Ce qui rend la chose encore plus singulière, c’est que, d’après cette même version, le Graal fut finalement transporté dans le « royaume du prêtre Jean », que certains ont voulu précisément assimiler à la Mongolie, bien que d’ailleurs aucune localisation géographique ne puisse ici être acceptée littéralement (cf. L’Ésotérisme de Dante, éd. 1957, pp. 35-36, et voir aussi plus loin). »

Compte-rendu paru dans les Études Traditionnelles, Oct.-nov. 1949 de la revue Compte-rendu paru dans les Études Traditionnelles, Années 1945-1946 d’un article de Mircea Eliade, intitulé Metallurgy, Magic and Alchemy : « Nous devons signaler une erreur véritablement extraordinaire, qui est d’ailleurs due, à ce qu’il paraît, à R. Eisler, et qui est de nature à jeter quelque suspicion sur la valeur des travaux de celui-ci : Kaabah est pris pour le nom de la « pierre noire », ce qui n’a aucun sens, car cette pierre n’est nullement cubique ; c’est l’édifice dans un des angles duquel elle est enchâssée qui est appelé Kaabah parce qu’il a la forme d’un cube ; et, par surcroît, cette soi-disant « pierre Kaabah » devient ensuite une « déesse Kaabah », laquelle n’a certainement jamais existé ! »

Symboles Fondamendaux de la Science sacrée, chap. XLVIII - Pierre noire et pierre cubique : « Cette même signification du nom de Cybèle est visiblement liée à celle de la « pierre noire » qui était son symbole ; en effet, on sait que cette pierre était de forme conique, et, comme tous les « bétyles » de même forme, elle doit être regardée comme une figuration réduite de la montagne en tant que symbole « axial ». D’autre part, les « pierres noires » sacrées étant des aérolithes, cette origine « céleste » donne à penser que le caractère « chthonien » auquel nous faisions allusion au début ne correspond en réalité qu’à un des aspects de Cybèle ; du reste, l’axe représenté par la montagne n’est pas « terrestre », mais relie entre eux le ciel et la terre ; et nous ajouterons que c’est suivant cet axe que, symboliquement, doivent s’effectuer la chute de la « pierre noire » et sa remontée finale, car il s’agit là aussi de relations entre le ciel et la terre (1). Il ne saurait être question, bien entendu, de contester que Cybèle ait été souvent assimilée à la « Terre-Mère », mais seulement d’indiquer qu’elle avait aussi d’autres aspects ; il est d’ailleurs très possible que l’oubli plus ou moins complet de ceux-ci, par suite d’une prédominance attribuée à l’aspect « terrestre », ait donné naissance à certaines confusions, et notamment à celle qui a conduit à assimiler la « pierre noire » et la « pierre cubique », qui sont cependant deux symboles très différents (2). Notes : (1) Voir sur tout ceci Lapsit exillis. – Il existe dans l’Inde une tradition suivant laquelle les montagnes volaient autrefois ; Indra les précipita sur la terre et les y fixa en les frappant de la foudre : ceci est encore manifestement à rapprocher de l’origine des « pierres noires ». (2) Nous avons signalé dans un compte rendu l’incroyable supposition de l’existence d’une soi-disant « déesse Kaabah », qui aurait été représentée par la « pierre noire », de La Mecque, appelée également Kaabah ; c’est là un autre exemple de la même confusion, et, depuis lors, nous avons eu la surprise de lire encore la même chose ailleurs, d’où il semble bien résulter que cette erreur a cours dans certains milieux occidentaux. Nous rappellerons donc que la Kaabah n’est nullement le nom de la « pierre noire », celle-ci n’étant pas cubique, mais celui de l’édifice dans un des angles duquel elle est enchâssée et qui, lui, a effectivement la forme d’un cube ; et, si la Kaabah est aussi Beyt Allah (« maison de Dieu », comme le Beith-El de la Genèse), elle n’a pourtant jamais été considérée elle-même comme une divinité. Il est d’ailleurs très probable que la singulière invention de la prétendue « déesse Kaabah » a été suggérée en fait par le rapprochement de Kabelê et de Kubos dont nous avons parlé plus haut. »

Aperçus sur l’Ésotérisme islamique et le Taoïsme, chap. II - L’écorce et le noyau (El Qishr wa el-Lobb) : « Il y a d’ailleurs une multitude de turuq, qui sont tous les rayons de la circonférence pris dans le sens centripète, puisqu’il s’agit de partir de la multiplicité du manifesté pour aller à l’unité principielle : chaque tarîqah, partant d’un certain point de la circonférence, est particulièrement appropriée aux êtres qui se trouvent en ce point ; mais toutes, quel que soit leur point de départ, tendent pareillement vers un point unique (1), toutes aboutissent au centre et ramènent ainsi les êtres qui les suivent à l’essentielle simplicité de l’« état primordial ». Note (1) : Cette convergence est figurée par celle de la qiblah (orientation rituelle) de tous les lieux vers la Kaabah, qui est la « maison de Dieu » (Beit Allah), et dont la forme est celle d’un cube (image de la stabilité) occupant le centre d’une circonférence qui est la coupe terrestre (humaine) de la sphère de l’Existence universelle. »

Le Masonic Light de Montréal (numéros de septembre 1948 à juin 1949) : « Maintenant, si l’on veut aller au-delà de Salomon, on peut, avec beaucoup plus de raison, remonter encore plus loin, jusqu’à Abraham lui-même ; on trouve en effet un indice très net à cet égard dans le fait que le Nom divin invoqué plus particulièrement par Abraham a toujours été conservé par la Maçonnerie opérative ; et cette connexion d’Abraham avec la Maçonnerie est d’ailleurs facilement compréhensible pour quiconque a quelque connaissance de la tradition islamique, car elle est en rapport direct avec l’édification de la Kaabah. »

Le Règne de la Quantité et les Signes des Temps, chap. XX - De la sphère au cube : « Dans la Kabbale hébraïque, la forme cubique correspond, parmi les Sephiroth, à Iesod, qui est en effet le « fondement » (et, si l’on objectait à cet égard que Iesod n’est cependant pas la dernière Sephirah, il faudrait répondre à cela qu’il n’y a plus après elle que Malkuth, qui est proprement la « synthétisation » finale dans laquelle toutes choses sont ramenées à un état qui correspond, à un autre niveau, à l’unité principielle de Kether) ; dans la constitution subtile de l’individualité humaine selon la tradition hindoue, cette forme se rapporte au chakra « basique » ou mûlâdhâra ; ceci est également en relation avec les mystères de la Kaabah dans la tradition islamique ; et, dans le symbolisme architectural, le cube est proprement la forme de la « première pierre » d’un édifice, c’est-à-dire de la « pierre fondamentale », posée au niveau le plus bas, sur laquelle reposera toute la structure de cet édifice et qui en assurera ainsi la stabilité. »

Symboles Fondamendaux de la Science sacrée, chap. XLIII - La « pierre angulaire » : « Nous trouvons d’autres indications intéressantes dans les significations du mot arabe rukn, « angle » ou « coin » : ce mot, parce qu’il désigne les extrémités d’une chose, c’est-à-dire ses parties les plus reculées et par suite les plus cachées (recondita et abscondita, pourrait-on dire en latin), prend parfois un sens de « secret » ou de « mystère » ; et, sous ce rapport, son pluriel arkân est à rapprocher du latin arcanum, qui a également ce même sens, et avec lequel il présente une ressemblance frappante ; du reste, dans le langage des hermétistes tout au moins, l’emploi du terme « arcane » a été certainement influencé d’une façon directe par le mot arabe dont il s’agit (1). En outre, rukn a aussi le sens de « base » ou de « fondation », ce qui nous ramène à la corner-stone entendue comme la « pierre fondamentale » ; dans la terminologie alchimique, el-arkân, quand cette désignation est employée sans autre précision, sont les quatre éléments, c’est-à-dire les « bases » substantielles de notre monde, qui sont assimilés ainsi aux pierres de base des quatre angles d’un édifice, puisque c’est sur eux qu’est en quelque sorte construit tout le monde corporel (représenté aussi par la forme carrée) (2) ; et, par là, nous arrivons encore directement au symbolisme même qui nous occupe présentement. En effet, il n’y a pas seulement ces quatre arkân ou éléments « basiques », mais il y a aussi un cinquième rukn, le cinquième élément ou la « quintessence » (c’est-à-dire l’éther, el-athîr) ; celui-ci n’est pas sur le même « plan » que les autres, car il n’est pas simplement une base comme eux, mais bien le principe même de ce monde (3) ; il sera donc représenté par le cinquième « angle » de l’édifice, qui est son sommet ; et à ce « cinquième », qui est en réalité le « premier », convient proprement la désignation d’angle suprême, d’angle par excellence ou « angle des angles » (rukn el-arkân), puisque c’est en lui que la multiplicité des autres angles est réduite à l’unité (4). On peut encore remarquer que la figure géométrique obtenue en joignant ces cinq angles est celle d’une pyramide à base quadrangulaire : les arêtes latérales de la pyramide émanent de son sommet comme autant de rayons, de même que les quatre éléments ordinaires, qui sont représentés par les extrémités inférieures de ces arêtes, procèdent du cinquième et sont produits par lui ; et c’est aussi suivant ces mêmes arêtes, que nous avons assimilées intentionnellement à des rayons pour cette raison (et aussi en vertu du caractère « solaire » du point dont elles sont issues, d’après ce que nous avons dit au sujet de l’« œil » du dôme), que la « pierre angulaire » du sommet se « reflète » en chacune des « pierres fondamentales » des quatre angles de la base. Enfin, il y a dans ce qui vient d’être dit l’indication très nette d’une corrélation existant entre le symbolisme alchimique et le symbolisme architectural, et qui s’explique d’ailleurs par leur caractère « cosmologique » commun ; c’est là encore un point important, sur lequel nous aurons à revenir à propos d’autres rapprochements du même ordre.  Notes : (1) Il pourrait être intéressant de chercher s’il peut y avoir une parenté étymologique réelle entre les deux mots arabe et latin, même dans l’usage ancien de ce dernier (par exemple dans la disciplina arcani des chrétiens des premiers temps) ou s’il s’agit seulement d’une « convergence » qui ne s’est produite qu’ultérieurement, chez les hermétistes du moyen âge. (2) Cette assimilation des éléments aux quatre angles d’un carré est naturellement aussi en rapport avec la correspondance qui existe entre ces mêmes éléments et les points cardinaux. (3) Il serait dans le même plan (en son point central) si ce plan était pris comme représentant un état d’existence tout entier ; mais ce n’est pas le cas ici, puisque c’est tout l’ensemble de l’édifice qui est une image du monde. – Remarquons à ce propos que la projection horizontale de la Pyramide dont nous parlons un peu plus loin est constituée par le carré de base avec ses diagonales, les arêtes latérales se projetant suivant celles-ci et le sommet en leur point de rencontre, c’est-à-dire au centre même du carré. (4) Au sens de « mystère » que nous avons indiqué plus haut, rukn el-arkân équivaut à sirr el-asrâr, qui est représenté, comme nous l’avons expliqué ailleurs, par la pointe supérieure de la lettre alif : l’alif lui-même figurant l’« axe du monde », ceci, comme on le verra encore mieux par la suite, correspond très exactement à la position de la keystone. »

Symboles Fondamendaux de la Science sacrée, chap. XV - Un hiéroglyphe du Pôle : « La lettre qâf est, en outre, la première du nom arabe du Pôle, Qutb, et, à ce titre encore, elle peut servir à le désigner abréviativement, suivant un procédé dont l’emploi est très fréquent (1) ; mais il y a encore d’autres concordances non moins frappantes. C’est ainsi que le siège (le mot arabe est markaz, qui signifie proprement « centre ») du Pôle suprême (appelé El-Qutb El-Ghawth, pour le distinguer des sept Aqtâb ou Pôles secondaires et subordonnés (2)) est décrit symboliquement comme situé entre ciel et terre, en un point qui est exactement au-dessus de la Kaabah, laquelle a précisément la forme d’un cube et est, elle aussi, une des représentations du « Centre du Monde ». On peut donc envisager la pyramide, invisible parce qu’elle est de nature purement spirituelle, comme s’élevant au-dessus de ce cube, qui, lui, est visible parce qu’il se rapporte au monde élémentaire, marqué par le nombre quaternaire ; et, en même temps, ce cube, sur lequel repose ainsi la base de la pyramide ou de la hiérarchie, dont elle est la figure et dont le Qutb occupe le sommet, est aussi, par sa forme, un symbole de la stabilité parfaite.  Notes : (1) C’est ainsi que la lettre mîm, par exemple, sert parfois à désigner le Mahdî ; Mohyiddin ibn Arabi, notamment, lui donne cette signification dans certains cas. (2) Les sept Aqtâb correspondent aux « sept Terres », qui se retrouvent également dans d’autres traditions ; et ces sept Pôles terrestres sont un reflet des sept Pôles célestes, qui président respectivement aux sept Cieux planétaires. »

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Mettiti Mohamed Hedi 20/10/2015 13:27

Il y a une fausse information, le cube et le pyramide sont dans une relation contradictoire non complémentaire parce que destruction d'un cube donne la forme d'un pyramide, je donne ici un exemple le destruction des maisons de pauvres palestiniens par les raids israéliennes durant la guerre du Gaza a donner des pyramides de débris de pierres.Mais il faut un peu de temps pour comprendre qu'ils sont monteurs!