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Publié par Abdoullatif

Ibn Arabî - Les Malâmatiyah

Sache - que Dieu t’assiste - que ce chapitre contient la mention des serviteurs de Dieu qui ont reçu le nom de mulâmiyya (1) ; ce sont des hommes qui ont atteint les plus hauts degrés de la sainteté et seule la prophétie les surpasse. Leur station est celle de la proximité au cœur de la sainteté et le verset coranique qui les concerne est le suivant : Des hûrs aux grands yeux cloîtrées dans leurs tentes (2). Les attributs des femmes et des hûris paradisiaques symbolisent en effet les âmes de ces hommes de Dieu qu’Il a choisis pour Lui-même, qu’Il a préservés, emprisonnés dans les tentes de la Jalousie divine et soustraits aux regards curieux aux quatre coins du monde de crainte que ceux-ci ne se portent sur eux et ne les distraient de l’essentiel. Quoique, par Dieu, le regard des créatures ne les préoccupent point mais, de plus, il n’entre pas en leur pouvoir de rendre à ces serviteurs les devoirs qui leur sont dûs à cause de la hauteur de leur fonction, si bien que [s’ils les côtoyaient] ils seraient confrontés à une réalité hors de leur portée. Dieu a donc retenu leur extérieur dans les tentes des habitudes et des œuvres dévotionnelles et ils pratiquent leurs obligations religieuses ainsi que les œuvres surérogatoires  (3) avec régularité. Ils ne sont pas connus pour faire des miracles et ne sont de ce fait pas louangés. Nul ne les désigne comme des gens pieux selon ce qu’entend par là le commun des mortels et ce bien qu’ils ne se livrent à aucun libertinage. En ce monde, ils sont des serviteurs cachés, innocents, loyaux, dissimulés dans la foule.

C’est d’eux que Dieu a dit par la bouche de Son Envoyé : « Le plus cher de Mes amis à Mes yeux est un croyant qui a peu de charges, qui prend bonne part à la prière, excelle dans le culte rendu à son Seigneur et qui lui obéit en public comme dans l’intimité tout en se dissimulant parmi les hommes. » (4) Ce qu’Il veut signifier par là c’est qu’ils ne sont pas connus pour leur excès de piété sans que pour autant ils transgressent les interdits.

Certain spirituel (litt. : homme), interrogé sur les qualités présentées par le connaissant, en a donné cette description : « Son visage est assombri (wajh muswadd) ici-bas comme dans l’Ultime Demeure. » S’il avait en vue ce que nous venons de dire à propos des états propres à cette catégorie de spirituels [tâ’ifah], il voulait signifier par cette métaphore qu’ils sont totalement absorbés, en ce monde et dans l’autre, par les théophanies qui se présentent à eux. Or, l’homme, lorsque Dieu Se manifeste à lui, ne voit dans le miroir divin que son propre être et sa propre station ; il n’est qu’un être (un monde : kawn) (5) parmi d’autres et chacun des « mondes » n’est que ténèbres [comparé] à la lumière de Dieu en sorte qu’il ne contemple que sa propre noirceur (sawâd) puisque le visage (wajh) est l’expression de la réalité et de l’essence d’un être. Les théophanies ne sont perpétuelles que pour cette catégorie spirituelle de contemplatifs : ils demeurent avec Dieu dans ce monde et dans l’autre  sous l’emprise de cette théophanie perpétuelle que nous avons évoquée, ils sont donc les esseulés (afrâd) (6).

Si maintenant c’est de la seigneurie (taswîd) que ce spirituel voulait parler, cela est également vrai à condition de préciser que l’homme qui accède à la seigneurie en ce monde et dans l’autre ne peut être qu’un envoyé, car ce qui constitue une perfection pour les prophètes est un défaut pour les saints. Les prophètes sont en effet tenus de se mettre en avant à cause de leur qualité de législateurs, mais cela n’est pas accordé aux saints.

Ne vois-tu comment Dieu après qu’il eut parachevé Sa religion, ordonna à Son Envoyé de se préoccuper uniquement de la transcendance divine et de prononcer des louanges qui Lui convenaient ? C’est pourquoi Il lui révéla : Lorsque viendra l’assistance de Dieu ainsi que la victoire et que tu verras les hommes entrer en masse dans la religion de Dieu, alors glorifie ton Seigneur [en usant de] Sa louange et demande-Lui Son pardon (7) ! par cet ordre, Il le retrancha définitivement du monde et, en demandant [Son] pardon, le Prophète demandait en réalité d’être soustrait (8) aux créatures en se revêtant de Son voile protecteur afin de s’isoler à jamais avec Lui sans être accompagné de qui que ce soit. Car, pendant qu’il était occupé à sa mission qui était de transmettre et de guider, il connaissait tout de même des moments où « Seul son Seigneur pouvait le contenir ». Les autres périodes étaient en effet occupées par ce qu’il lui avait été commandé de faire, à savoir examiner les problèmes des créatures. Dieu le ramena donc à cet instant unique qu’il dérobait aux périodes qu’il consacrait aux créatures sur ordre de son Seigneur. La fin de la sourate : Car Il accorde volontiers Son repentir (9) signifie que Dieu reviendra auprès de toi en s’accompagnant (10) d’une façon qui ne laissera plus aucune place pour les créatures sous quelque rapport que ce  soit. Lorsque l’Envoyé de Dieu récita cette sourate, seul Abû Bakr - que Dieu l’agrée - qui avalisait tous les propos du Prophète -sur lui la grâce et la paix - se mit à pleurer au grand étonnement de tous les membres de l’assemblée. Il venait en effet de comprendre, lui qui connaissait l’Envoyé mieux que quiconque, que Dieu venait de lui présenter Ses condoléances, chose que les autres ignoraient (11).

Lorsqu’ils sont laissés à eux-mêmes, les saints qui ont atteint les sommets de la wilâya (12) ne choisissent jamais la « célébrité » (litt. : d’être connus) car ils savent que Dieu ne les a pas créés pour eux-mêmes, ni par voie de conséquence (13), pour Ses créatures, mais bien qu’Il les a créés pour Lui-même. Aussi s’occupent-ils de ce pour quoi ils ont été créés et si, toutefois, Il décide de les faire connaître, en plaçant dans le cœur des créatures un sentiment de considération pour eux [ta’zîm], cela n’est pas de leur fait, mais relève uniquement de Lui - glorifié soit-Il. De même lorsqu’Il choisit de les dissimuler faisant en sorte que les gens ne leur accordent aucune considération, cela relève encore de Lui Seul - exalté soit-Il. Leur choix, confronté au choix divin, est inexistant mais, si Dieu les contraignait à en faire un, ils feraient celui d’être soustraits aux regards des créatures et de s’isoler en vue de se rapprocher de Lui. Si leur état implique de voiler leur degré à leurs propres yeux, comment ne le dissimuleraient-ils pas à autrui ?

Il nous reste maintenant à déterminer en quoi consistent leurs abris (litt. : « les demeures », manâzil, dans lesquelles ils se préservent).

Ces demeures consistent tout d’abord à accomplir les prières en commun, à s’habiller dans chaque pays selon les habitudes des gens, à ne pas adopter une place fixe à la mosquée et à changer constamment de place lors de la prière du vendredi afin de se fondre dans la foule. Lorsqu’il s’adresse aux hommes, il sait que Dieu est à l’écoute de ses propos et, lorsqu’il les écoute, il est dans les mêmes dispositions. Il évite d’avoir des relations avec les hommes, exception faite de ses voisins afin de ne pas attirer l’attention. Il tâche de satisfaire aux besoins des enfants et des veuves et distrait sa famille et ses enfants d’une manière qui lui vaut l’agrément de Dieu. Bien que plaisantant volontiers, il ne dit que la vérité et, s’il advient qu’il soit connu en un lieu, il s’en éloigne ; mais s’il ne lui est pas possible de s’en éloigner, il tâche d’en écarter celui qui le connaît, notamment en le sollicitant avec insistance [pour soulager] des gens dans le besoin et ce afin qu’il le fuie. S’il a atteint la station qui inclut la capacité de changer de forme, il en change comme le font les êtres subtils [ar-rûhânî] qui adoptent la forme humaine et dont on ignore qu’ils sont des anges : telle était la capacité de Qadîb al-Bân. Tout cela est possible tant que Dieu n’a pas décidé de les rendre célèbres à leur insu.

Cette catégorie de saints n’a atteint ce degré auprès de Dieu que parce qu’ils ont préservé leurs cœurs de toute intrusion étrangère à la Sienne et de toute dépendance à l’égard d’un autre que Lui. Ils ne s’assoient qu’en compagnie de Dieu, et n’ont de conversation qu’avec Lui. Ils se dressent par Dieu, n’ont de regard que pour Dieu, s’en vont vers Dieu, reviennent de chez Dieu, prononcent des paroles de Dieu, reçoivent tout de Dieu, s’en remettent à Dieu et placent leur espoir en Dieu. Il est leur seul bienfait et leur unique objet de contemplation. Ils sont préservés de leur égo qui ne les reconnaît même pas ! Ils sont voilés dans les plus intimes replis de la non-manifestation. Comme le commun des mortels, ils prennent leurs repas [quotidiens] et font leurs courses [litt. : évoluent) sur les marchés afin de mieux se dissimuler. Telle est la condition de la catégorie d’hommes évoqués dans ce chapitre.

Un honorable complément à ce chapitre.

Nous avons déjà expliqué que c’est à partir de cette « présence » que sont envoyés les prophètes - que la paix soit sur eux tous - en tant que législateurs. Ceux-là (les mulâmiyya) sont leurs suivants qui exécutent les ordres qu’ils reçoivent de la même source, celle-là même dont prophètes et envoyés tiennent leurs lois ; les saints y ont également puisé ce en quoi ils les ont imités, ils sont donc bien les « suivants » [at-tâbi’ûn] mais en connaissance de cause [‘alâ baçîrah]. Ils connaissent ceux qu’ils suivent et ce pour quoi ils les suivent, les demeures des envoyés, les méthodes des différentes voies procédant de Dieu (14), ainsi que leurs valeurs au regard de Dieu. Et Dieu dit la Vérité et c’est Lui qui conduit sur la [bonne] Voie (15).

(1) Les « gens du blâme » (appelés aussi malâmiyya ou malâmatiyya) que le shaykh considère comme l’une des plus hautes catégories de la spiritualité islamique sont ainsi nommés parce qu’ils dissimuleront leur véritable condition sous des dehors blâmables.
(2) Cor. 55, 72 [: hûrun maqçûrâtun fî-l-khiyâmi].
(3) L’Islam établit un distinguo entre les œuvres obligatoires, celles que Dieu impose à tous les croyants sans distinction et les œuvres surérogatoires qui sont celles que certains croyants s’imposent à eux-mêmes en vue de se rapprocher de Dieu.
(4) [inna aghbata awliyâ’î ‘indî la-mu’min khafîfu-l-hâdhi dhû hadhdh salâti ahsan ‘ibâdata rabbihi wa atâ’ahu fî-s-sirri wa-l-‘alâniyyah wa kâna ghâmidan fî-n-nâssi.]
(5) Le mot kawn, « le monde », « l’univers », vient en effet de la racine kâna qui signifie « être ». Ainsi tout être est un monde à part entière et le monde lui-même a son reflet en tout être.
(6) Autre nom des mulâmiyya, ils sont ainsi nommés parce que totalement absorbés par la contemplation du divin, ils en oublient jusqu’à leur propre personne ce qui en fait des « esseulés » (fard, plur. afrâd, rappelons-le, signifie : « solitaire »).
(7) Cor.110, 1-3 : [idhâ jâa nasru-Llâhi wa-l-fathu, wa raayta-n-nâsa yadkhulûna fî dîni-Llâhi afwâjan, fa-sabbih bi-hamdi rabbika wa-staghfirhu] ;
(8) Istaghfara signifie à la fois « demander pardon » et « chercher un abri, une cachette, une protection ».
(9) [innahu kâna tawwâbâ].
(10) [yarja’u-l-haqq ilayka rujû’an mustashaban]
(11) Lorsque la sourate 110 dite sourate « l’Assistance «  fut révélée, Abû Bakr se mit à pleurer car il fut le seul à comprendre que cette révélation mettait un terme à la mission du Prophète - sur lui la grâce et la paix - et constituait de ce fait une annonce de sa mort.
(12) Par définition, la wilâya (la sainteté) implique la « prise en charge » par Dieu de Son protégé (walî). Cette prise en charge est la conséquence du renoncement de ce dernier au monde afin de s’occuper de Dieu Seul. La wilâya est donc incompatible avec le souci de « se faire connaître » à moins, comme le précise le shaykh, que Dieu en ait décidé autrement.
(13) Litt. : en vertu d’une relation qui procéderait d’une intention initiale (bi ta’alluq min al qasd al awwal).
(14) [manâhij as-subul mina-Llâh].
(15) Cor. 33, 4 : [wa-Llâhu yaqûlu-l-haqq wa Huwa yahdî as-sabîl].

[Ibn ‘Arabî, Futûhât, chapitre 23 - Des pôles préservés à l’abri des regards et des secrets de leur préservation (fî ma’rifat al-aqtâb al-masûnîn wa asrâr sûnihim). Traduction et annotations d’A.Penot, Les Révélations de la Mecque, Entrelacs, 2009, p.304-309. Les translitérations entre crochets sont de ce blog à partir du texte arabe éd. Dâr Sâder 1424 H, tome I, p.223-225].

- ANNEXES -

René Guénon, Initiation et Réalisation spirituelle, chap. XXIX - La jonction des extrêmes : « Cette remarque nous ramène aux Malâmatiyah, dont la désignation est dérivée du mot malâmah qui signifie « blâme » (1) ; que faut-il entendre au juste par là ? Ce n’est pas que leurs actions soient effectivement blâmables en elles-mêmes et au point de vue traditionnel, ce qui serait d’autant plus inconcevable que, bien loin de négliger les prescriptions de la loi sharaïte, ils s’appliquent au contraire tout spécialement à les enseigner autour d’eux, par leur exemple aussi bien que par leurs paroles. Seulement, leur façon d’agir, parce qu’elle ne se distingue en rien de celle du peuple (2), paraît blâmable aux yeux d’une certaine « opinion », qui précisément est surtout celle de la « classe moyenne », ou des gens qui se considèrent comme « cultivés », suivant l’expression qui est si fort à la mode aujourd’hui ; la conception de la « culture » profane, sur laquelle nous nous sommes déjà expliqué en d’autres occasions (3), est en effet très caractéristique de la mentalité de cette « classe moyenne », à qui elle donne, par son « brillant » tout superficiel et illusoire, le moyen de dissimuler sa véritable nullité intellectuelle. » Notes : « (1) On les appelle aussi ahlul-malâmah, littéralement les « gens du blâme », c’est-à-dire ceux qui s’exposent à être blâmés. (2) La loi exotérique elle-même peut être dite « vulgaire » si l’on prend ce mot au sens de « commune », en ce qu’elle s’applique à tous indistinctement ; d’ailleurs, n’y a-t-il pas de nos jours, et un peu partout, trop de gens qui croient faire preuve de « distinction » en s’abstenant d’accomplir les rites traditionnels ? (3) Voir Aperçus sur l’initiation, ch. XXXIII. »

René Guénon, Initiation et Réalisation spirituelle, chap. XXVIII - Le masque « populaire » : « L’identification apparente de l’élite avec le peuple correspond proprement, dans l’ésotérisme islamique, au principe des Malâmatiyah, qui se font une règle de prendre un extérieur d’autant plus ordinaire et commun, voire même grossier, que leur état intérieur est plus parfait et d’une spiritualité plus élevée, et de ne jamais rien laisser paraître de cette spiritualité dans leurs relations avec les autres hommes (1). On pourrait dire que, par cette extrême différence de l’intérieur et de l’extérieur, ils mettent entre ces deux côtés de leur être le maximum d’« intervalle », s’il est permis de s’exprimer ainsi, ce qui leur permet de comprendre en eux-mêmes la plus grande somme de possibilités de tout ordre, et qui, au terme de leur réalisation, doit logiquement aboutir à la véritable « totalisation » de l’être (2). Il est d’ailleurs bien entendu que cette différence ne se rapporte en définitive qu’au monde des apparences et que, dans la réalité absolue, et par conséquent à ce terme de la réalisation dont nous venons de parler, il n’y a plus ni intérieur ni extérieur, car, là encore, les extrêmes se sont finalement rejoints dans le Principe. » Notes : « (1) Voir Abdul-Hâdi, El-Malâmatiyah, dans le n° d’octobre 1933 du Voile d’Isis et appendices du présent ouvrage, pp. 270 et ss. (2) Nous ne voulons pas dire par là que la totalité ne puisse être réalisée que de cette façon, mais seulement qu’elle peut l’être effectivement ainsi suivant le mode qui est propre à la voie des Malâmatiyah. »

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maitre djakpata 28/06/2017 13:40

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