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Publié par Abdoullatif

FutûhâtSache – qu’Allâh t’assiste et t’illumine ! – que la première chose qui s’impose à celui qui entre dans cette Voie divine et légale (1) est la recherche du maître jusqu’à ce qu’il le trouve (2). En même temps, celui-là doit s’imposer 9 choses dans les œuvres (a’mâl) conseillées (9 étant le nombre minimum) et ainsi disposera-t-il un « pied permanent » (3) dans le Tawhîd. C’est pour cela qu’Allâh a déterminé le nombre de sphères (aflâk) égal à 9. Observe la Sagesse divine (4) dans les mouvements (harakât) de ces sphères : que parmi elles, quatre soient dans ton extérieur (dhâhir) et cinq dans ton intérieur (bâtin).

 

(1) at-tarîqah al-ilâhiyyah al-mashrû’ah.

(2) talab al-ustâdh hathâ yajiduh.

(3) Traduction littérale de qadam râsikh. Le symbolisme du pied (qadam) est en relation avec la Voie initiatique (tarîqah) comme l’avait affirmé le Cheikh Muhammad Amîn al-Kurdî (mort en 1332/1914) – radiyallâh ‘anh – dans son Tanwîr al-qulûb : « On entend par l’expression « pied » (qadam) la sunnah et la tarîqah. »

(4) al-hikmah al-ilâhiyyah. René Guénon avait indiqué l’équivalence numérique entre cette expression qui signifie « Sagesse divine » et le mot Sûfî : « c'est que le mot Sufi a le même nombre que El-Hekmah el-ilahiyah, c'est-à-dire « la Sagesse divine » [nombre égal à 186]. Le Sufi véritable est donc celui qui possède cette Sagesse, ou, en d’autres termes, il est el-ârif bi-Llâh, c’est-à-dire « celui qui connaît par Dieu », car Il ne peut-être connu que par Lui-même ; et quiconque n’a pas atteint ce degré suprême ne peut pas être dit réellement Sufi, mais seulement mutaçawwuf. (Le Soufisme, Revue Le Voile d’Isis N°176-177 Août-septembre 1934, p.289-296).

 

Celles qui sont extérieures sont : la faim (jû’), la veille (sahar), le silence (samt) et la solitude (‘uzlah), dont deux sont effectives : la veille et le silence. Par silence, je veux dire s’écarter des paroles des gens (5) et s’employer au « souvenir du cœur » (dhikr al-qalb). Ainsi, il faut privilégier l’expression de l’âme (natq an-nafs) à celle de la langue sauf dans ce qu’a imposé Allâh (6) dans la lecture du Coran, ou de « ce qui fut facilité du Coran » (7) lors de la prière rituelle et le takbîr dans celle-ci ainsi ce qu’Il a prescrit légalement (mâ shara’a) dans la glorification (tasbîh), le souvenir (dhikr), les invocations (du’â’), l’attestation (tashahhud), et la prière sur l’Envoyé d’Allâh – sur lui la grâce et la paix –. Ainsi tu t’acquitteras des œuvres obligatoires et pourra te consacrer au  « souvenir du cœur » par le silence de la langue, et la faim comprend la veille, et le silence inclut la solitude.

 

(5) tark kalâm an-nâs.

(6) mâ awjaba Allâh.

(7) Expression issue du Coran : Fa-qra’ mâ tayassara mina-l-qur’ân (Cor.73, 20), « Lisez donc ce qui vous fût facilité du Coran ».

 

Quant aux cinq intérieures, ce sont : la sincérité (sidq), la remise confiante en Dieu (tawakkul), la patience (sabr), la volonté (‘azîmah) et la certitude (yaqîn).

 

Ces neuf sont les mères du bien, elles comprennent tout le bien (8) et synthétisent la Voie en elles (9). Oblige-toi dans leur pratique (alzimhâ) avant de trouver le Cheikh.

 

(8) al-khayr kulluhu. Toutes les bénédictions ou influences spirituelles.

(9) at-tarîqah majmû’ah fîhâ.

 

[Ibn ‘Arabî, Futûhât chap.53. Bâb fî ma’rifat mâ yalqî al-murîd ‘alâ nafsihi fî-l-a’mâl qabla wujûd ash-shaykh. Extrait traduit et noté par A.]

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