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Publié par Abdoullatif

FususAu Nom d’Allâh, le Tout-Miséricordieux, le Très-Miséricordieux.


Louange à Allâh qui a fait descendre les Sagesses sur les cœurs des Verbes, dans l’unité de la Voie axiale, depuis la Station la plus ancienne, en dépit de la différence des formes et des règles traditionnelles (1) due à celle des communautés ; et qu’Allâh répande sa Grâce unitive et Sa Paix sur celui qui assiste les aspirations spirituelles grâce aux Trésors de la libéralité et de la générosité par la Parole la plus efficace, Muhammad, ainsi que sa Famille !

 

En vérité, j’ai vu l’Envoyé d’Allâh - qu’Allâh répande sur lui sa Grâce unitive et Sa Paix ! - au cours d’un rêve de bon augure que j’eus pendant la dernière décade de Muharram de l’an 627, dans l’enceinte de Damas. Il tenait dans sa main - sur lui la Grâce et la Paix ! - un livre. Il me dit : « Ceci est le Livre des Chatons des Sagesses ; prends-le et exprime-le pour les hommes, qu’ils puissent en tirer profit ! (2) ». Je répondis : « L’écoute et l’obéissance sont dues à Allâh, à Son Envoyé ainsi qu’à ceux d’entre nous qui possèdent le Commandement, ainsi qu’il nous a été ordonné. » (3)

 

Je réalisais le désir, purifiait l’intention, concentrai l’effort et l’aspiration (4) à la publication de ce livre dans les limites tracées pour moi par l’Envoyé d’Allâh - sur lui la Grâce et la Paix ! - sans rien ajouter ni retrancher.

 

Je demandai à Allâh le Très-Haut de faire de moi dans cette circonstance (5) comme dans toutes les autres un de Ses serviteurs sur lequel le Démon n’a pas de pouvoir (6) et de me donner la grâce spéciale, dans tout ce qu’écrivent mes doigts, ce qu’exprime ma langue et ce que renferme mon cœur, d’une inspiration transcendante et d’une insufflation spirituelle dans l’intérieur de l’âme au moyen d’une confirmation préservatrice (7) ; de telle manière que je sois un interprète, non quelqu’un qui décide (arbitrairement) ; afin que ceux d’entre les Gens d’Allâh qui sont les maitres des cœurs réalisent avec certitude, lorsqu’ils prendront connaissance, qu’il provient de la Station la plus sainte, pure d’intérêts individuels qui y introduiraient l’équivoque.

 

J’espère que Dieu, lorsqu’Il entendra ma prière de demande, répondra à mon appel. Je transmets uniquement ce qui m’a été transmis ; j’insère dans ces lignes uniquement ce qui m’a été progressivement révélé.

Je ne suis ni un prophète, ni un envoyé, mais un héritier et un « cultivateur » en vue de la vie future.

 

Ce qui vient ainsi d’Allâh, écoutez-le

et à Allâh faites le retour !

Quand vous aurez écouté ce que

         je vous apporte, gardez-le attentivement !

Puis ayez une compréhension distinctive

         d’un propos (tout d’abord) sommaire ; opérez la synthèse !

Puis, faites en bénéficier

         ceux qui le recherche ; ne (le leur) refusez pas !

Telle est la miséricorde qui s’est étendue jusqu’à vous.

         A votre tour, répandez-là ! 

 

C’est d’Allâh que j’espère être d’entre ceux qui ont bénéficié de la Confirmation divine, sont confirmés et peuvent (à leur tour) confirmer les autres (8) ; de ceux qui ont été assujettis (par Dieu) à la Loi muhamadienne très pure, s’y sont assujettis (de leur plein gré) et y ont (à leur tour) assujettis les autres. Puissions-nous être rassemblés dans son groupe (9) de la même manière que nous avons fait partie de sa communauté !

 

La première chose que le Roi en (10) a transmis au serviteur, c’est (11)

 

(1) Milal ; on peut traduire par écoles traditionnelles.

(2) Cette traduction, basée sur les indications de Jandî, nous paraît préférable à « afin qu’ils en tirent profit » (qui impliquerait que le Livre est adressé à tous les hommes indistinctement) et à « qui en tireront profit » (alors que tous les hommes ont la possibilité d’en prendre connaissance, même sans en tirer profit).

(3) Allusion à Cor.4, 54 : « Obéissez à Allâh et obéissez à Son Envoyé ainsi qu’à ceux qui sont chargés du Commandement. »

(4) Nâbulusî comprend qu’il s’agit de l’aspiration de l’envoyé d’Allâh ; on traduit alors : « Je concentrai l’effort sur l’aspiration (prophétique) en vue de la publication de ce livre ».

(5) Littéralement « en lui », c’est-à-dire dans ce livre.

(6) Allusion immédiate à Cor.15,42 ; 17,65. Toutefois la présence du terme umniyyata (traduit par « désir ») dans la phrase précédente conduit Jandî à considérer que la véritable référence coranique de ce passage est « Nous n’avons envoyé avant toi ni envoyé ni prophète sans que, lorsqu’il désire, le Démon ne jette dans son désir. Mais Allâh abroge ce que jette le Démon… » (Cor.22, 52).

(7) Cette troisième grâce sollicitée peut être rapportée aux deux premières ou, conformément à l’opinion de Nâbulusî, uniquement à la seconde.

(8) Wa ayyada. Ces mots absents de certaines versions, notamment celle adoptée par Afîfî. Leur inclusion nous paraît s’imposer par analogie avec le sens de la phrase.

(9) Sous entendu : au Jourde la Résurrection. Pour Nâbulusî, le pronom de rappel peut aussi se rapporter à shar’ (Loi) ; on traduit alors : « dans le groupe de ceux qui sont régis par cette Loi », ce qui renforce l’interprétation de notre commentaire (cf. infra p.39).

(10) C’est-à-dire le Livre des Chatons des Sagesses.

(11) Le texte continue avec le titre du premier chapitre.

 

(Ibn ‘Arabî, Fusûs al-Hikam, Introduction, trad. Ch. A. Gilis, Le livre des chatons des sagesses, tome 1, p.27-29).

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