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Publié par Abdoullatif

Fusus.jpgLe chaton de sagesse de la force intense (1) dans un verbe de Lût (Lot).

 

1.   Le malk, c’est la force terrible ; le malîk est celui qui l’emploie. On dit : « Tu pétris la pâte » quand tu la rends épaisse.

Qays b. al-Khâtim (2) a dit, pour décrire sa façon de frapper l’ennemi) :

 

J’ai donné à ma paume une force intense, élargissant la fente qu’elle avait ouverte.

     Qui la regardait de face pouvait voir de l’autre côté !

 

C’est-à-dire : j’ai donné à ma paume une force terrible ; voulant dire : dans le coup qu’elle a porté. C’est la parole qu’Allâh a rapporté comme venant de Lût : Si seulement j’avais pu m’opposer à vous par la force ou m’appuyer sur un soutien solide (3). L’Envoyé d’Allâh – qu’Allâh répande sur lui Sa Grâce unitive et Sa Paix ! – a dit (à ce propos) : « Allâh a été miséricordieux pour mon frère Lût, car il a pu s’appuyer sur un soutien d’une force terrible ». Par là, il a attiré l’attention sur le fait que Lût était avec Allâh en tant qu’il est doué d’une telle force. En effet, ce que Lût – sur lui la Paix ! – avait eu en vue en évoquant ce soutien, c’était sa tribu ; et la capacité de résister par les mots « Si seulement j’avais pu m’opposer à vous par la force » qui est ici uniquement l’énergie spirituelle propre à l’homme (4). L’Envoyé d’Allâh ajouta : « A partir de ce moment… » – c’est-à-dire depuis le temps où Lût a dit : « ou m’appuyer sur un soutien solide » – « …aucun prophète n’a été suscité sans bénéficier d’une défense puissante de la part de son peuple, et de la protection de sa tribu » ; comme (le montre la manière d’agir d’) Abû Tâlib avec l’Envoyé d’Allâh – sur lui la Grâce et la paix !

 

(1) Malkiyya. L’image évoquée par ce terme est le pétrissement de la pâte. Il est défini par la notion de shidda qui revêt dans la traduction des sens différents selon les contextes : « intensité », avec une nuance de densité quand il s’agit de la pâte, ou de « solidité » quand il s’agit d’un appui (le rukn shadîd coranique) ; « force terrible » quand il s’agit de Dieu et des anges ou encore, comme dans le vers cité, d’un coup porté. Nous avons adopté la traduction « force intense » dont l’idée, moins déterminée, nous paraît convenir dans tous les cas, notamment celui, qui est sous-entendu, d’une parfaite maîtrise de soi dans l’ordre initiatique. Nâbulusî envisage aussi les sens de « Sagesse attribuée à l’ange (malak) » ou de « Sagesse du Royaume (mulk) » pour des raisons que nous expliquerons dans notre commentaire.

(2) Et non Hatîm ; nous reprenons le nom tel qu’il figure dans le Lisân al-‘Arab.

(3) Cor.11, 80. [Qâla law annal lî bikum quwwatan aw âwî ilâ ruknin shadîdin]

(4) Littéralement : au genre humain (bashar).

 

2.   Sa parole – sur lui la Paix ! – si seulement j’avais pu m’opposer à vous par la force vient du fait qu’il avait entendu (5) le Très-Haut dire : Allâh est celui qui vous a créé à partir d’un état de faiblesse…  – c’est la situation fondamentale – …puis qui a produit, avec cette faiblesse, une force… – cette force a été produite ; il s’agit donc d’une force « accidentelle » – …puis qui a produit après cette force une faiblesse et une blancheur de l’âge. (6) Ce qui est nouveau ici, c’est la blancheur de l’âge, non la faiblesse (7) qui est un retour à l’état fondamental (du serviteur) (8) évoqué par Sa Parole qui vous a créé à partir d’un état de faiblesse ; Il le ramène donc à l’état à partir duquel il a été créé, de même qu’Il a dit : (ensuite), il sera amené à l’âge le plus vil, afin qu’après (avoir possédé) une science il ne sache plus rien (9), rappelant par là qu’il sera ramené à sa faiblesse initiale, car la faiblesse du vieillard est comparable à celle du petit enfant.

Aucun prophète n’a été suscité avant qu’il ait atteint quarante ans accomplis, ce qui est le temps où commence son déclin et sa faiblesse. C’est pour cela (10) qu’il a dit : si seulement j’avais pu m’opposer à vous par la force, ce qui impliquait une énergie spirituelle opérative.

 

(5) Jandî précise que Lût a entendu « l’esprit de ce verset, par l’ouïe de son propre esprit, à partir de l’esprit de Muhammad – sur lui la Grâce et la paix ! – dans le monde des esprits, lorsqu’Il a envoyé ce dernier vers les esprits comme prophète alors qu’Adam était entre l’eau et la glaise : c’est ainsi que l’esprit de Lût l’a entendue. »

(6) Cor. 30, 54.

(7) Littéralement : la « production » se rapporte (ici uniquement) à la blancheur de l’âge ; quant à la faiblesse, c’est…

(8) Asl khalqi-hi. On peut comprendre aussi qu’il s’agit de Lût.

(9) Cor.16, 70.

(10) C’est-à-dire parce que Lût avait compris le sens de la Parole divine rapportée dans le verset cité.

 

3.   Si tu rétorque : « Qu’est-ce qui l’en empêchait, alors que cette énergie est présente chez ceux qui, tout en suivant (les envoyés), sont engagés (eux-mêmes) sur une Voie initiatique ; les envoyés n’y ont-ils pas droit à plus forte raison ? », nous répondons : « Tu dis vrai, mais c’est un autre point de science qui t’échappe, à savoir que la connaissance ne laisse à l’énergie spirituelle aucun pouvoir de régir. Chaque fois que la connaissance s’élève, l’agir au moyen de l’énergie spirituelle diminue, et cela pour deux raisons : la première est que (le Connaissant) réalise la Station de la Servitude et garde à l’esprit la faiblesse fondamentale de son état naturel (11) ; la seconde tient à l’unité (métaphysique) du « régisseur » et du « régi » : il ne voit pas à l’encontre de qui diriger son énergie spirituelle (12), ce qui l’empêche d’agir. Sa contemplation lui fait voir que celui qui s’oppose à lui ne s’est pas écarté de la réalité essentielle qui est la sienne dans l’état de non-manifestation, et qui est le principe archétypal de son être ; que n’apparaît dans l’existence (de cet être) que ce qui lui appartient principiellement ; qu’il n’a pas transgressé (ce que commande) son essence et n’a pas enfreint la voie spirituelle qui lui appartient en propre ». (13)

 

La qualification d’ « opposition » est purement accidentelle et n’apparaît qu’en raison du voile qui couvre les yeux des hommes, ainsi qu’Allâh l’a dit à leur sujet : …mais la plupart d’entre eux ne savent pas ; ils connaissent un (aspect) extérieur de ce monde et ne se soucient pas (ghâfilûn) de la vie future. (14) En effet, il y a lieu d’envisager ici une inversion (15) : (le terme ghâfilûn) dérive de leur parole : nos cœurs sont incirconcis (ghulfun) (16), c’est-à-dire « enfermés dans une enveloppe (fî ghilâf) », autrement dit un voile qui empêche le cœur de percevoir la réalité telle qu’elle est (17). Ces raisons, et d’autres semblables, empêchent le Connaissant d’exercer le gouvernement ésotérique (18) dans le monde.

 

(11) Littéralement : l’état fondamental de sa création naturelle.

(12) Car il ne voit qu’Allâh en tout être et en tout état.

(13) On peut considérer aussi que la réponse d’Ibn Arabî à l’objection énoncée comprend l’alinéa suivant jusqu’au verset cité.

(14) Cor. 30, 6-7.

(15) Allusion à l’inversion des lettres formant les racines gh-f-l (oublier, ne pas se soucier de), dont est tiré ghâfilûn, et gh-l-f, dont sont tirés ghulfun et fî ghilâf.

(16) Cor. 2, 88.

(17) C’est-à-dire qu’il n’y a « ni force ni puissance si ce n’est par Allâh, l’Élevé, l’Immense ».

(18) Tasarruf.

 

4.   Le Cheikh Abû Abd Allâh Muhammad b. Qâ’id dit (un jour) au Cheikh Abû-s-Su’ûd b. ach-Chibl : « Pourquoi n’exerces-tu pas le gouvernement ? » Celui-ci répondit : « J’ai laissé Dieu régir pour moi comme il l’entend », faisant référence par là à l’Ordre du Très-Haut : Prends-le pour préposé (19), car le préposé est celui qui régit. Davantage encore : il avait dans l’oreille cette parole d’Allâh : Et faites dépense d’une partie (des richesses) sur lesquelles Il vous a établi comme dépositaires. (20) Abû-s-Su’ûd et les Connaissants savent que ce qui est entre leurs mains ne leur appartient pas et qu’ils en sont uniquement les dépositaires. Dieu leur avait dit (21) : «  Cette affaire que Je t’ai confié et que J’ai mise en ton pouvoir, établis-moi sur elle et prends-Moi pour préposé ». Abû-s-Su’ûd obéit à l’ordre d’Allâh et Le prit (effectivement) pour préposé. Comment donc pourrait-il subsister chez celui qui bénéficie de cette contemplation une énergie spirituelle lui permettant d’exercer le gouvernement (ésotérique) ? Alors qu’une telle énergie n’est opérative que si elle résulte d’une concentration (22) excluant tout autre objet de préoccupation ; et que la connaissance dont il s’agit rend une telle concentration impossible : c’est pourquoi le connaissant dont la connaissance est parfaite est au dernier degré de l’impuissance et de la faiblesse.

 

Un des Abdâl a dit au Cheikh Ab dar-Razzâq (23) – qu’Allâh soit satisfait de lui ! – : « Dis au Cheikh Abû Madyan, après l’avoir salué : « Ô Abû Madyan, rien (de ce que nous voulons) ne s’oppose à nous, tandis qu’à toi les choses s’opposent ; comment donc se fait-il que nous ayons le désir de ta Station initiatique alors que toi tu n’a pas le désir de la nôtre ! ». Il en était effectivement ainsi (24), en dépit du fait qu’Abû Madyan – qu’Allâh soit satisfait de lui ! – possédait cette Station initiatique et bien d’autres, et que nous-mêmes avons atteint un degré plus parfait que le sien à la Station de la faiblesse et de l’impuissance ; pourtant (26), ce Badal (26) lui a tenu ce langage. Cette histoire est de la même veine que la précédente.

 

Au sujet de cette Station, (le Prophète) – sur lui la Grâce et la paix ! – a dit, suite à un ordre divin exprès : Je ne sais ce qu’il est fait ni de moi ni de vous. Je suis uniquement ce qui m’a été inspiré (27). L’envoyé est régi (28) par ce qui lui est inspiré ; il n’y a chez lui rien d’autre : si on lui inspire d’exercer l’autorité, il l’exerce avec fermeté ; si on l’en empêche, il s’en abstient ; si on lui laisse le choix, il choisit l’abandon du gouvernement, sauf si sa Connaissance est imparfaite. Abû-s-Su’ûd dit un jour à ceux de ses Compagnons (29) qui avaient foi (30) en lui : « En vérité, Allâh nous a (31) conféré le gouvernement ésotérique depuis quinze ans, et nous l’avons abandonné par élégance (32) ! » C’est là un langage vaniteux. Quant à nous, ce n’est pas « par élégance » que nous l’avons abandonné, ce qui impliquerait une préférence ; nous l’avons abandonné uniquement pour la perfection de la Connaissance, car celle-ci ne comporte aucun libre-choix : lorsque le Connaissant exerce le gouvernement ésotérique dans le monde au moyen de l’énergie spirituelle, il le fait en vertu d’un Ordre divin contraignant, non en vertu d’un libre-choix !

 

(19) Cor.73, 9. [Fa-t-takhidhhu wakîlan]

(20) Cor.57, 7. [Wa anfiqû mimmâ ja’alakum mustakhlafîna fîhi]

(21) Dans un dévoilement théophanique.

(22) Jam’iyya.

(23) Il s’agit d’un disciple tunisien d’Abû Madyan.

(24) C’est-à-dire que « les choses s’opposaient » à Abû Madyan.

(25) C’est-à-dire : bien que le degré Abû Madyan soit moins parfait que le nôtre.

(26) Sing. de Abdâl.

(27) Cor.46, 9. [mâ adrî mâ yuf’alu bî wa lâ bikum in attabi’u illâ mâ yûhâ ilayya]

(28) Bi-l-hukm. La variante yahkumu (régit) nous paraît plus éloignée du verset qui précède.

(29) Austin traduit par « à un disciple », mais le pluriel est attesté dans toutes les versions du texte.

(30) Al-mu’minîn bi-hi. Dans le texte du commentaire de Jandî, on lit mûqinîn : « qui étaient dans la certitude à son sujet ».

(31) Littéralement : m’a.

(32) Idlâlan. Afîfî signale la variante idhlâlan (pour nous abaisser), adoptée par Bâlî mais qui convient moins dans le contexte.

 

5.   Il ne fait aucun doute (33) que la fonction (propre de) la risâla requière l’exercice du gouvernement ésotérique pour que le Message qu’apporte (l’envoyé) soit accepté. C’est pourquoi l’on voit apparaître sur lui ce qui confirme ce crédit (34) auprès de sa communauté et de son peuple, afin que la Religion d’Allâh soit rendue manifeste. Il n’en va pas de même pour le saint (35). En dépit de cela, l’envoyé ne cherche pas à l’exercer extérieurement, car il lui faut montrer de la compassion à l’égard de son peuple ; il s’abstient d’insister en usant contre eux d’arguments décisifs, car cela entrainerait leur perte ; il maintient à leur encontre (un certain voile pour les préserver) (36).

 

L’envoyé sait aussi que les miracles sont accomplis devant tous, certains croiront tandis que d’autres en auront connaissance mais les rejetteront sans y ajouter foi, que ce soit par iniquité, orgueil ou jalousie ; et que d’autres encore n’y verront que sorcellerie et illusion. Les envoyés voient ces choses. Ils constatent que seuls croient ceux dont Allâh a illuminé les cœurs par la lumière de la Foi ; et que le miracle est sans utilité pour l’être tant qu’il ne regarde pas au moyen de cette lumière appelée « Foi ». Dès lors leurs énergies spirituelles sont impuissantes à rechercher (37) des effets miraculeux qui ne peuvent s’imposer d’une façon générale ni aux regards ni aux cœurs. Comme (Dieu) l’a dit à propos du plus parfait des envoyés, celui dont la science est la plus grande (38), et la plus digne d’une confiance immédiate : En vérité, tu ne guides pas qui tu aimes, mais Allâh guide qui Il veut… (39). Si l’énergie spirituelle avait un effet nécessaire (40), (il se serait actualisé dans son cas) car personne n’est plus parfait que l’Envoyé d’Allâh – sur lui la Grâce et la Paix ! –, ni plus élevé (en degré), ni doué d’une énergie plus forte. Et pourtant, elle est restée sans effet sur l’islam de son oncle Abû Tâlib (41) au sujet de qui fut révélé le verset que nous venons de mentionner.

 

(33) Variante : aucun doute pour nous.

(34) Il s’agit, non pas de la véracité de ce qu’il dit d’une façon générale, mais de l’authenticité de sa prétention à être investi d’une Mission divine.

(35) Dont la fonction correspond au Nom divin « l’Intérieur » et qui, de ce fait, n’a pas à établir extérieurement sa qualité. Nul n’est obligé d’accepter son message ; chacun va librement vers lui.

(36) C’est l’interprétation de Bâlî. Austin comprend que l’envoyé « cherche à faire subsister » son peuple (et non un voile) mais sa traduction nous paraît grammaticalement injustifiable. Ismâ’îl Haqqi précise qu’une trop grande abondance de preuves entraînerait nécessairement « la complète destruction » des peuples rebelles.

(37) Non qu’elles en soient incapables ; mais parce qu’elles n’en ont, en quelque sorte, ni la force ni le courage (en arabe : qasurat).

(38) Littéralement : la créature dont la science est la plus grande.

(39) Cor. 28, 56. [Innaka lâ tahdî man ahbabta wa lâkinna-Llâha yahdî man yashâ’ (wa Huwa a’lamu bi-l-muhatadîne)]

(40) Wa lâ budda. Ces mots nous paraissent devoir être rapportés à ce qui précède, compte tenu du contexte. Ismâ’îl Haqqi, selon la traduction de Bulent Rauf, les rapporterait plutôt à ce qui suit : « il ne fait aucun doute que personne n’est plus parfait, etc. » Austin comprend : « Si l’énergie spirituelle avait un effet, ce qui en général ne fait aucun doute… »

(41) C’est-à-dire sur le fait que celui-ci embrasse l’Islam.

 

6.   C’est pour cela qu’Il a dit de l’envoyé que seule lui incombait la communication (du Message) (42) ; qu’Il a dit : Leur guidance n’est pas à ta charge, mais Allâh guide qui il veut (43) ; et qu’Il a ajouté dans la sourate al-Qasas : …et Il est plus savant au sujet de ceux qui sont guidés (44), c’est-à-dire de ceux qui Lui ont donné dans leur état de non-manifestation, au moyen de leurs essences immuables, la science qu’ils seraient (bien) guidés ; confirmant ainsi que la science « suit » son objet. (45)

 

Celui qui est croyant dans l’état de non-manifestation où demeure le principe de son être (46) sera manifesté avec cette forme dans son état d’existenciation (48). Allâh sait de lui ce qu’il est, et ce qu’il sera dans l’existence ; c’est pour cela qu’Il a dit : et Il est plus savant au sujet de ceux qui sont guidés.

 

Ayant dit pareille chose, Il a dit aussi : La Parole ne change pas chez Moi… car Ma Parole est définie par Ma Science au sujet de Ma création …et Je ne suis pas injuste envers Mes serviteurs (49) ; c’est-à-dire : « Je ne décrète pas leur mécréance, qui en fait des réprouvés, pour leur demander ce qu’ils sont ensuite dans l’incapacité de donner ; Nous les traitons plutôt à la mesure de ce que Nous savons d’eux et Nous ne savons d’eux que ce qu’ils livrent d’eux-mêmes à leur propre sujet : s’il s’agit d’une injustice, c’est eux qui sont les injustes ! C’est pour cela qu’Il a dit : …mais ils ont été injustes à l’égard d’eux-mêmes (50) ; ce n’est pas Allâh qui a été injuste envers eux.

 

(42) Selon de nombreux passages coraniques.

(43) Cor.2, 272. [Laysa ‘alayka hudâhum wa-Llâhu yahdî man yashâ’]

(44) Cor.28, 56. [wa Huwa a’lamu bi-l-muhatadîne] C’est la suite du verset qui a été cite plus haut.

(45) Cf. supra, chap.8,§6, et chap.11,§6.

(46) Littéralement : dans l’immutabilité de son essence et l’état de sa non-manifestation.

(47) C’est-à-dire avec la Forme de la Foi.

(48) Littéralement : dans l’état de sa réalité actuelle.

(49) Cor.50, 29. [Mâ yubaddalu-l-qawlu ladayya wa mâ anâ bi-dh-dhallâmin li-l-’abîd]

(50) Cor.2, 57. [(Wa mâ dhalamûnâ) wa lâkin kânû anfusahum yadhlimûne]

 

7.   De la meme manière, Nous leur avons dit (51) uniquement ce que notre Essence nous a « donné » de leur dire ; et Notre Essence est connue de Nous avec ce qui Nous conduit à dire ceci et à ne pas dire cela : Nous disons uniquement ce que Nous avons (par Nous-même) la science de dire.

 

C’est à Nous qu’appartient la Parole qui émane de Nous ; et c’est à eux qu’il appartient d’obéir, ou de ne pas obéir bien qu’ils l’aient entendue.

 

Le tout est conféré par Nous et par eux.

     La saisie (52) vient de Nous et vient d’eux.

 

Si ce n’est pas de Nous que provient leur être (53),

     C’est Nous indubitablement qui sommes issus d’eux !

 

(51) Ce terme doit être compris ici dans le sens de « ordonné ». Ce commandement divin peut se rapporter, soit à l’Ordre existenciateur « Kun ! » (cf. Jandî et Qâchânî), soit à l’Ordre normatif polarisé dans l’acte d’ « ordonner » et dans celui de « défendre » (Bâlî). La première interprétation est conforme au contenu du paragraphe précédent ; la seconde à celui du deuxième alinéa du présent paragraphe.

(52) Akhdh. Nous avons conservé le sens littéral car il peut s’appliquer à toutes les interprétations des commentaires. En effet, ce terme peut signifier à la fois « punition » (ce qui se rapporte au domaine des actes) et « compréhension » (ce qui se rapporte à la science principielle).

(53) Jâmî signale deux variantes : lâ yakûnûna et lam yakûnû.

 

8.   Réalise, ami, cette Sagesse de la force intense dans un Verbe de Lût, car elle est la moelle de la Connaissance.

 

Le Secret t’est apparu.

     L’ordre est devenu clair.

Au sein de la dualité

     Est enclos celui que l’on dit « sans pareil ». (54)

 

(54) Al-Watr.

 

[Cheikh al-Akbar Ibn ‘Arabî, Fusûs al-Hikâm, chap.13 : Le chaton de sagesse de la force intense dans un verbe de Lût (Lot). Traduction et notes par Charles-André Gilis dans Le Livre des Chatons des Sagesses, TI, p.335-345. Pour le Commentaire du traducteur, nous renvoyons au livre p. 347-353]

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