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Publié par Abdoullatif

Le « consensus » (al-ijmâ’) ne désigne rien d’autre que le consensus des Compagnons après [la mort] de l’Envoyé de Dieu [sur lui la grâce et la paix]. Quant à ce qui survient après leur époque, ce n’est pas un consensus sur lequel on puisse se fonder pour trancher les questions légales.

 

Il y a consensus lorsqu’on sait qu’un problème a été soumis à chaque Compagnon et que chacun s’est prononcé à son sujet comme les autres se sont prononcés, au point qu’il n’en reste pas un à qui le problème n’ait été soumis, et qui n’ait émis à ce sujet le [même] jugement. Si l’on rapporte qu’un seul des Compagnons avait une opinion différente sur cette question, il n’y a pas consensus. Il n’y a pas non plus ijmâ’ si l’on rapporte qu’il a gardé le silence, ou si l’on apprend qu’il se produisit un différend sur un point. Dès lors qu’il en ait ainsi, on doit recourir au Livre et aux traditions prophétiques pour se prononcer. C’est la meilleure et la plus parfaite façon pour retrouver le sens premier (ta’wîl) (1).

 

(1) khayrun wa ahsanu ta’wîlâ. Ibn ‘Arabî cite en fait la fin du verset (4, 59) : « Ô les croyants ! Obéissez à Dieu, et obéissez au Messager et à ceux d’entre vous qui détiennent le commandement. Puis, si vous vous disputez en quoi que ce soit, renvoyez-là à Dieu et au Messager, si vous croyez en Dieu et au Jour dernier. Ce sera bien mieux et de meilleur interprétation (et aboutissement) » ; yâ ayyuhâ lladhîna âmanû atî’û-Llâha wa atî’û ar-rasûla wa ûli-l-amri minkum fa-in tanâza’tum fî shay’in fa-ruddûhu ilâ-Llâhi wa-r-rasûli in kuntum tu’minûna bi-Llâhi wa-l-yawmi-l-âkhiri dhâlika khayrun wa ahsanu ta’wîlâ.

 

[Ibn ‘Arabî, Futûhât, chap. 88, trad. dans l’anthologie Les illuminations de la Mecque, présentée par M. Chodkiewicz, Albin Michel, éd. 1997, p.100-101.]

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