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Publié par Abdoullatif

ayat kursiLe Prophète [salla-Llâh ‘alayhi wa sallam] a dit : « L’Heure ne se lévera pas tant que demeurera sur la surface de la terre quelqu’un pour dire : « Allâh, Allâh ». Il ne s’est pas contenté d’une seule mention de ce nom, mais il l’a répété deux fois pour confirmer que ce dhikr était fait au moyen d’un terme isolé, sans adjonction d’une attribution quelconque, et en maintenant le final non vocalisé. Il s’agit en réalité d’un commentaire de la parole coranique : « Pratiquez le dhikr d’Allâh avec constance », c’est-à-dire en répétant ce nom… et aussi un commentaire de la Parole divine : « Et en vérité le dhikr d’Allâh est plus grand (wa la dhikr Allâh akbar) » (Cor.29.45). Dans ce hadîth, il a mentionné le nom « Allâh » à l’exclusion de tout autre ; et cela parce qu’il avait la charge d’expliquer aux hommes le sens (universel) de la révélation qui lui était faite. Si le fait pour l’homme de dire « Allâh, Allâh » n’avait pas pour effet d’assurer la sauvegarde de ce monde dans lequel ce dhikr est pratiqué, (le Prophète) n’aurait pas lié à la cessation de ce dhikr la fin du monde au sein duquel il est pratiqué, c’est-à-dire ce bas-monde (dunya). Ce dhikr est notre dhikr et celui du maître qui nous a fait entrer dans la Voie. Aucun autre dhikr n’a une utilité comparable. Quand Dieu a dit : « En vérité le dhikr d’Allâh est plus grand », Il n’a pas mentionné la forme d’aucun autre dhikr, en dépit de leur nombre. Les Gens d’Allâh en font leur unique dhikr, ce qui produit dans leur cœur un effet immense (amran ‘azîman), qu’aucun autre dhikr ne produit. Un savant qui s’en tenait à l’extérieur des choses ne voyait pas l’utilité de ce dhikr en arguant du fait qu’il s’agit (grammaticalement) d’un sujet (mubtada’) sans prédicat (khabar), alors que tout sujet en requiert un. Ce qu’on peut lui répondre, c’est que le prédicat ne doit pas nécessairement résider dans la phrase énoncée : en l’occurrence, l’utilité se manifeste plutôt chez celui qui pratique l’invocation, au moment où il la pratique au moyen de cette parole (c’est-à-dire le nom « Allâh ») à l’exclusion de toute autre. Ce dhikr produit à l’intérieur de l’invocateur la lumière d’un dévoilement qu’il est seul à pouvoir produire ; mieux encore : il est suivi d’un « prédicat » extérieur qui ne se manifeste pas dans une parole proférée, comme c’est le cas quand la relation (grammaticale) concerne une réalité transcendante (dont le sens est inexprimable), ou encore lorsqu’une louange est faite au moyen d’un acte (et non d’une parole).

 

(Cheikh al-Akbar Muhyî-d-Dîn Ibn ‘Arabî, Futûhât, chap. 361, Demeure spirituelle correspondant à la 23e sourate, extrait traduit par Abd ar-Razzâq Yahyâ (Gilis), Tawhîd et Ikhlâs, p.129).

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