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Publié par Abdoullatif

Rasul-Allah.jpgLe Calife suprême et le plus grand des Imâms.

 

Lorsque Allâh eut établi Adam comme Maître (ustâdh) des Anges, il leur enseigna tous les Noms (1) : ils surent alors qu’il était le Calife d’Allâh sur Sa Terre en mode axial, et non un simple successeur (2). Ensuite les Réalisés Parfaits ne cessèrent de recevoir les uns des autres la fonction califale jusqu’à ce qu’elle parvienne au Seigneur suprême (as-sayyid al-akbar) dont la perfection est attestée, Muhammad – sur lui la Grâce et la Paix ! – ; lui qui nous a fait savoir qu’il était Prophète alors qu’Adam était entre l’eau et l’argile ; l’eau, c’est l’existence de l’âme et l’argile, c’est l’existence d’Adam ; lui qui a reçu les « Paroles Synthétiques » tout comme Adam avait reçu l’ensemble des Noms ; lui à qui Allâh a enseigné les Noms qu’Il avait enseigné à Adam de sorte qu’il a acquis « la Science des premiers et des derniers » (3). Par là Muhammad est le Calife suprême et le plus grand des Imâms, tandis que sa communauté est « la meilleure de celle qui a été existenciée pour les hommes » (Cor.3.110).

 

(1) Allusion à Cor.2.33.

(2) L’opposition des deux dimensions est indiquée dans le texte par celle des expressions khalîfatun ‘an Allâhi et khalîfatun ‘amman salafa.

(3) [‘ilmu-l-awwalîn wa-lâkhirîn] Sur le sens de cet expression, cf. L’Esprit universel de l’Islam, chap.XXI.

 

[Ibn ‘Arabî, Futûhât chap.369. Extrait correspondant au dernier paragraphe traduit et noté par Charles-André Gilis dans le chap.XXXIII du livre Les sept étendards du Califat, p. 249-250. Pour le contexte et les commentaires du traducteur voir le livre au chapitre précité. Le titre a été rajouté.]

 

La Science des premiers et des derniers.

 

La Science de Khidr à l’époque de Moïse – sur lui la Paix ! – est une part parmi d’autres, que possède le Maître du Coran muhammadien (1). Au moyen du Coran sont dévoilées dans leur ensemble les sciences contenues dans les Livres révélés, et l’on y trouve en plus ce que ces derniers ne possèdent pas. Celui qui a reçu le Coran (2) a reçu par là-même la lumière intelligible (diyâ’) parfaite, qui contient toute science. Le Très-Haut a dit : « Nous n’avons dans le Livre, négligé aucune chose » (Cor.6.38) ; il s’agit du Coran « suprême (3) que l’erreur n’atteint ni de face ni de dos, révélation d’un Sage Louangé » (Cor.41.41-42). C’est par lui que Muhammad – qu’Allâh répande sur lui Sa Grâce unitive et Sa paix ! – a obtenu les Paroles synthétiques (jawâmi’ al-Kalimi). Qu’il s’agisse des sciences des prophètes, de celle des anges et de toute autre science, le Coran les renferme et les rend explicites et claires pour ceux auxquels il est destiné (4)… Celui qui a reçu le Coran a reçu la science parfaite. Il n’y a pas de créatures plus parfaites que les « Muhammadiens » : ce sont eux qui forment « la meilleure communauté qui a été existenciée pour les hommes » (5) (Cor.3.110).

 

(1) Muhammadî ; cf. supra, chap.IX, note 14. [Voir la doctrine initiatique du pèlerinage, chap.XX].

(2) De la manière qui a été précisée au cours des derniers chapitres.

(3) Al-‘Azîz ; littéralement hors de la portée du commun. [wa innahu la-kitâbun ‘Azîzun lâ ya’tîhi-l-bâtilu min bayni yadayhi wa lâ min khalfihi tanzîlun min Hakîmin Hamîd]

(4) Littéralement : pour les Gens du Coran (ahl al-Qur’ân).

(5) Ce verset est pris ici dans un sens spécial. L’analogie évoquée est la suivante : ceux qui suivent la loi du Prophète – sur lui la Grâce et la Paix ! – sont la meilleure des communautés traditionnelles ; de même, les initiés de type muhammadien sont ceux dont la réalisation métaphysique est la plus parfaite.

 

[Ibn ‘Arabî, Futûhât chap.73. Extrait de la réponse à la question 112 de Tirmidhî, traduit et noté par Charles-André Gilis dans le chap.XXI du livre L’Esprit universel de l’Islam, p. 195-196. Pour le contexte et les commentaires du traducteur voir le livre au chapitre précité. Le titre est rajouté.]

 

Le Califat de l’Envoyé d’Allâh – sur lui la Grâce et la Paix ! – se manifestera sur tous.

 

Le Prophète – qu’Allâh répande sur lui Sa Grâce unitive et Sa paix ! – a dit : « Adam et ceux qui sont inférieurs à lui sont sous mon Étendard. » [1] Il a précisé « et ceux qui sont inférieurs à lui » parce que la louange s’opère uniquement au moyen des Noms et qu’Adam les connaissaient tous. Il ne peut donc qu’y avoir des êtres placés sous lui et inférieurs à lui en degré, car tout être louange (Dieu) par l’un ou l’autre de ces Noms (2). Dans la vie future, l’Empire (dawla) reviendra à Muhammad – sur lui la Grâce et la Paix ! – qui a reçu dès l’origine (asl) les Paroles Synthétiques : il est plus savant qu’Adam au sujet de la Station (maqâm) propre à celui-ci, car il en possédait la science « alors qu’Adam était encore entre l’eau et l’argile ». Quand Allâh a enseigné les Noms à Adam, celui-ci a occupé une station seconde en degré par rapport à celle de Muhammad – sur lui la Grâce et la Paix ! – dont la science était antérieure parce qu’elle était celle des Paroles synthétiques et que les Noms font tous partie de ces Paroles. Muhammad ne s’est pas manifesté alors extérieurement lui-même : il a paru uniquement par les Noms, car il en était le Maître (sâhibu-hâ). Cette manifestation s’opéra dans la première créature humaine (bashar), c’est-à-dire Adam qui devint ainsi le détenteur de l’Étendard parmi les Anges, mais seulement en tant qu’il était le représentant de Muhammad – sur lui la Grâce et la Paix ! – du fait qu’il avait précédé celui-ci dans l’existence corporelle (bi-wujûdi at-tînî). Quand donc Muhammad – sur lui la Grâce et la Paix ! – se manifesta (lui-même corporellement) son droit l’emporta, tant pour ce qui concerne la fonction (walâya) d’Adam que pour l’Étendard (qui en est l’emblème). Au jour de la résurrection, il le reprendra à Adam (3) en vertu d’un droit qu’il possédait dès l’origine [4] de telle manière « qu’Adam et ceux qui lui sont inférieurs seront sous son Étendard ». Les Anges eux-mêmes étaient sous cet Étendard du temps d’Adam ; ils le seront donc aussi dans la vie future : à ce degré, le Califat de l’Envoyé d’Allâh – sur lui la Grâce et la Paix ! – se manifestera sur tous.

 

[1] Âdamu faman dûnahu tahta liwâ’î.

(2) En effet, tout être est, par lui-même, un Nom divin.

(3) C’est-à-dire l’humanité adamique.

[4] Hukm al-asâlah.

 

[Ibn ‘Arabî, Futûhât chap.73. Extrait de la réponse à la question 76 de Tirmidhî (cf. T3, p.103-104 de l’Édition de Dâr Sâder), traduit et noté par Charles-André Gilis dans le chap.XXXIII du livre Les sept étendards du Califat, p. 250-251. Pour le contexte et les commentaires du traducteur voir le livre au chapitre précité. Les notes numérotées entre crochets […] ainsi que le titre ne faisaient pas partie de la traduction originale.]

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