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Publié par Abdoullatif

soufis Recommandation 39 : La foi c’est le bon conseil (2).

 

En effet, le serviteur s’emploie à louer Dieu par la louange la plus belle lorsqu’il pardonne. D’autant plus qu’il est rapporté dans un Hadith parfaitement établi que rien n’est plus agréable à Dieu que le fait d’être loué. Ainsi, de même qu’Il a été loué dans le bas monde pour les peines légales qu’Il a instituées par lesquelles Il a éloigné les dommages de Ses serviteurs lorsque les chefs des musulmans appliquent ces peines contre les malfaiteurs, de même Il sera loué par le pardon et l’absolution dans la Demeure dernière parce que là-bas il n’y a pas lieu de considérer cet intérêt pour lequel a été institué l’application des peines légales, pour lesquelles on ne pouvait faire l’intercession, comme les peines du voleur et du fornicateur et comme les Droits de Dieu d’une manière générale.

 

Quant à ce qui constitue un droit du serviteur, Dieu a recommandé à son sujet le pardon et l’effacement, comme le pardon de la part du tuteur du sang qu’on réclame ou l’acceptation du prix du sang versé, car la victime est celui qui est tué, et, comme il est mort, le demandeur avance pour faire ses réclamations comme le plaignant qui s’adresse au sultan pour lui soumettre sa plainte. Il a ainsi institué le prix du sang comme une bienfaisance pour le tuteur du sang, car peut-être qu’en recevant cette bienfaisance et qu’en la remettant à ses proches, le plaignant finira par cesser ses réclamations et ne demandera plus rien auprès de Dieu, Le Juge par excellence, du sang versé, à l’auteur du forfait.

 

Pour ce qui est du conseil pour l’Envoyé de Dieu – qu’Allah prie sur lui et le salue ! –, c’est lorsque le compagnon voit chez lui quelque chose à propos duquel il a décidé son contraire – et l’homme s’expose à l’insouciance -, ce compagnon avertit l’Envoyé de Dieu – qu’Allah prie sur lui et le salue ! – à ce sujet pour voir : l’a-t-il fait délibérément ?, et il s’agit ainsi d’un commandement légal, ou l’a-t-il fait par oubli pour qu’il revienne dessus ; ceci relève donc du conseil pour l’Envoyé de Dieu – qu’Allah prie sur lui et le salue ! –, comme dans son oubli en prière où il devait accomplir quatre raka‘ât mais il n’y a observé que deux et on l’a averti à ce sujet, ce qui constitue un conseil pour l’Envoyé de Dieu – qu’Allah prie sur lui et le salue ! –, car il a repris sa prière pour la terminer en observant à la fin deux prosternation pour inadvertance (sahuw).

 

D’ailleurs, on a rapporté d’autres exemples similaires à ce sujet. C’est pourquoi Dieu – qu’Il soit exalté et magnifié – a ordonné à Son Prophète – qu’Allah prie sur lui et le salue ! –  de consulter ses compagnons à propos des questions où il n’a pas reçu de révélation ; aussi, s’il les consulte, ils doivent le conseiller à propos de l’objet de sa consultation, selon le degré de leur connaissance et en fonction de ce qu’ils estiment comme conseil adéquat à ce sujet, et ils lui proposent leur conseil en ce sens, comme ils l’ont fait lorsqu’il se mit, lors de la bataille de Badr, loin des puits avec ses troupes. En effet, ils ont donné des conseils en recommandant que les sources d’eau soient à sa portée, ce qu’il fit – qu’Allah prie sur lui et le salue ! –. De même Omar Ibn al-Khattab – qu’Allah l’agrée ! –  lui conseilla d’exécuter les captifs de la bataille de Badr, lorsqu’il demanda des conseils à ce sujet.

 

Mais après (la mort de) l’Envoyé de Dieu – qu’Allah prie sur lui et le salue ! – il n’y a plus de conseil pour lui. Mais si cette particule de négation connote un sens de durée, le conseil reste. Ainsi, nous avons montré à propos du conseil à l’Envoyé de Dieu – qu’Allah prie sur lui et le salue ! – que le conseiller (an-nasih) qui donne son avis, a réuni le Hadith de l’Envoyé de Dieu – qu’Allah prie sur lui et le salue ! – et l’avis qui renferme un intérêt, comme le couturier (an-nasih), réunit la pièce de la manche et celle du corps dans le vêtement confectionné.

  

(Cheikh Muhyî-d-Dîn Ibn Arabî, Kitâb al-wasâyâ, traduit de l’arabe par Mohamed al-Fateh : Paroles en Or, édition Iqra).

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