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Publié par Abdoullatif

Ibn ‘Arabî - Les quatre épouses et les quatre éléments.

C’est ainsi que notre Loi est venue comme étant la plus parfaite des lois révélées car elle suit le cours des réalités universelles (1). C’est pourquoi le détenteur de la Loi islamique reçut les Paroles synthétiques, tout en s’en tenant à quatre épouses (correspondant aux quatre éléments) et en interdisant d’en prendre davantage par contrat de mariage, mais sans prendre en compte les esclaves concubines (mulk al-yamîn) dont il légalisa malgré tout la possession pour en faire le pendant du cinquième élément (la quintessence) (2) dont certains savants soutiennent l’existence. De même les éléments (procédant)  du monde de la nature sont également au nombre de quatre (3) et c’est à partir de la « copulation » du monde d’en haut avec ces quatre éléments que Dieu existencie tout ce qui s’y reproduit (4). A ce sujet on compte au moins six écoles distinctes :

L’une d’elle prétend que chaque élément est un principe à part entière (ou : autonome) (5) ;

Une autre soutient que l’élément feu est au principe des autres, l’air étant une condensation du feu, l’eau une condensation de l’air et la terre une condensation de l’eau (6) ;

D’autres affirment que l’air est le principe originel qui se transforme en feu par évaporation (7) et en eau par condensation ;

D’autres soutiennent que c’est l’eau  qui est à l’origine des trois autres ;

D’autres voient dans la terre l’élément principiel ;

D’autres enfin avancent l’existence d’un cinquième élément différent des quatre autres (et qui en serait l’origine) et dont nous avons établi la correspondance avec le concubinage (mulk al-yamîn, litt. : « possession d’esclave »).

Notre Loi en vertu de son caractère synthétique en matière de « mariage » inclut donc un cinquième élément afin que toutes les écoles (tendances) y soient représentées.

(1) wa kazâlika jâ’a shar’unâ akmal ash-sharâ’i’ haythu jarâ majrâ al-haqâ’iq al-kulliyyah.
(2) al amr al-khâmis.
(3) ka-zâlika al-arkân min ‘âlam at-tabî’ah arba’ah.
(4) wa bi-nikâh al-‘âlam al-‘uluwî li-hazihi al-arba’ah yûjadu-Llâh mâ yatawalladu fîhâ.
(5) asl fî nafsihi.
(6) ruknu-n-nâr huwa-l-asl famâ kathafa minhu kâna hawâ’, wa mâ kathafa mina-l-hawâ’ kâna mâ’, wa mâ kathafa mina-l-mâ’ kâna turâban.
(7) mâ sakhafa minhu kâna nâr.

[Ibn ‘Arabî, Futûhât, chap.11, trad. A. Penot, Les révélations de la Mecque, p.203-204. Les notes ne sont pas du traducteur.]

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