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Publié par Abdoullatif

Futuhat-de-lamain-d-Ibn-Arabi_1ere-page-copie-1.jpg« Amnistié par la reine Victoria (24), le Cheikh rentra pour s’établir au Caire. De là, il irradie son influence bénéfique dans le monde musulman non seulement comme sommité scientifique, mais encore comme chef suprême de beaucoup de congrégations religieuses. Comme toujours, il se maintient – et les siens avec lui – loin et au-dessus des petites intrigues du jour, de la corruption et des cupidités qui allèchent l’âme.

 

Chaque fois que vous rencontrez en Orient un homme supérieur par le caractère et le savoir, vous pouvez être sûr de vous trouver en présence d’un « châdhilite ». Maintenant, c’est surtout par la vertu de la rectitude et de la haute spiritualité du Cheikh Elîsh que cette admirable congrégation maintient les sublimes traditions de son fondateur, le Très-Heureux Abû-l-Hasan ach-Châdhilî, à travers la contamination générale ».

 

Dans le n°2, que nous ne possédons pas, la revue avait publié l’article du Cheikh Elîsh sur le. Une traduction italienne en fut donnée dans le n°5-8 (sept.-déc.1907). Le titre en est : « Le Prince de la Religion, le Grand Pôle Spirituel, l’Etoile brillante dans tous les siècles ».

 

A l’occasion, la rédaction disait :

 

« Le vénérable Cheikh Elîsh, qui est pour ainsi dire le descendant spirituel d’Ibn Arabî, s’étant beaucoup intéressé à nos traductions et études du grand maître du Soufisme, nous a promis sa précieuse collaboration. La suivante est la traduction de son premier article qui est basé à son tour sur l’autorité du célèbre Imâm ach-Cha’râni dont les jugements font loi en matière d’orthodoxie et d’hétérodoxie, lui-même ayant été un des plus grands Soufis de l’Islam et un docteur profond en matière de la tradition et de la loi sacrée ; son excellent livre El-Mîzân (La Balance) dont nous avons déjà parlé, est le plus beau livre qui existe dans le domaine de la jurisprudence comparée ».

 

L’article du Cheikh Elîsh est une courte présentation de la figure du Cheikh al-Akbar. Quelques notes probablement de la main d’Abdul-Hâdi, accompagnent cette traduction. Dans ce passage où l’article de Cheikh Elîsh dit que le Cheikh al-Akbar était porté dans toutes ses activités par l’Esprit-Saint, une note du traducteur dit : « les Soufis parvenus à certains degrés, reçoivent du monde spirituel supérieur des ordres directs auxquels ils obéissent et qui déterminent leurs actes, gestes et paroles. Le Cheikh Elîsh est dans ce cas ». Plus loin, l’article rappelle l’orthodoxie éminente du Cheikh al-Akbar : « Il s’attacha fortement à la Révélation divine et à la tradition prophétique et disait : « Celui qui repousse un seul instant la balance de la Loi sacrée périra ». Le Cheikh Majd ad-Dîn al-Firûzabâdî, l’auteur du grand Trésor de la langue arabe intitulé le Qâmûs (l’Océan), a écrit : « Plus d’un a encore dit que nul soufi n’a été aussi en avant en ésotérisme et exotérisme que le Cheikh (al-Akbar) Muhy-d-Dîn. C’est pourquoi son orthodoxie est aussi pure et grande que celle de n’importe quel théologien de n’importe quel religion ». A cet endroit, une note du traducteur dit : « Ici, nous nous permettons de réclamer l’attention du lecteur sur le fait qu’un des plus célèbres hommes de science parla spontanément, sans être réfuté, de l’orthodoxie de plusieurs religions à la fois ».

 

La traduction s’arrête après deux pages avec l’explication suivante donnée par la revue : « La fin de cet article du Cheikh Elîsh se réfère à l’œuvre de notre collaborateur Abdul-Hâdi qui nous a parlé de ne pas en reproduire la traduction parce que, dit-il, cette partie contient des termes trop élogieux pour lui. Le Cheikh Elîsh le remercie pour le service qu’il rend à la civilisation en faisant connaître et comprendre aux hommes de nos jours un esprit aussi superbe que celui de Muhy-d-Dîn ; il l’exhorte à continuer ses études, sans se préoccuper de la haine que son œuvre islamophile peut susciter parmi certains groupes de soi-disant musulmans ».

 

(24) Le fait devait être antérieur à 1901, date de la mort de la reine Victoria. L’amnistie anglaise porte sur l’exil qui commence après le dernier emprisonnement ; entre temps, le Cheikh avait subi le deuxième emprisonnement par l’acte « d’un prince musulman », et obtenu la grâce de ce côté-là mais il était resté toujours exilé d’Egypte.

 

(Michel Vâlsan, L'Islam et la fonction de René Guenon, Revue Etudes Traditionnelles n° 305 Janv. - Fév. 1953, p. 14).

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