Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Publié par Abdoullatif

Michel Valsan mareLE COMMENTAIRE ÉSOTÉRIQUE

DE LA SOURATE DE L'ÉVÉNEMENT

(al-Wâqi'ah) (56e do CORAN)

par Abdu-r-Razzâq Al-Qâchânî

 

En reprenant la publication d'extraits traduits des « Interprétations ésotériques du Coran » (Ta'wilâtu-l-Qur'ân) d'Al-Qachâni (*) nous présentons cette fois le commentaire de la 56e sourate, intitulée Al-Wâqi'ah = « L'Evénement » ou plus littéralement « l'Echéante », qualificatif de la Résurrection.

 

Versets :

Au nom d'Allah le Tout-Miséricordieux, le Très- Miséricordieux !

1. Lorsqu'écherra l'Echéante (Résurrection),

2. Son événement aucune âme ne le contestera

3. Elle abaissera et elle élèvera.

4. Lorsque la terre sera secouée

5. Et que les montagnes seront éparpillées (ou déplacées)

6. Et deviendront poussière dispersée,

 

Commentaire d'Al-Qâchânî

1. - 2. « Lorsqu'écherra l'Echéante (al-Wâqi'ah) » — c'est-à-dire la Petite Résurrection (al-Qiyâmatu-ç¬Çughrâ) « aucune âme ne contestera », à l'encontre d'Allah, « son événement », à savoir que la sortie (des tombes) (al-ba'th) et les états propres à l'autre vie (al-âkhirah) puissent se produire, car toute âme constatera alors ses propres états, qu'il s'agisse d'états de bonheur ou de malheur.

3. « Elle abaissera et elle élèvera » : elle abaissera les damnés vers les marches infernales et élèvera les bienheureux vers les degrés supérieurs.

4. « Lorsque la terre sera secouée » — il s'agit de la terre du corps — c'est-à-dire quand elle sera mue et tremblera, lors de la séparation d'avec l'esprit, d'un mouvement qui fera sortir d'elle tout ce qu'elle contient et que, avec le corps, seront détruits alors tous ses membres.

5.- 6. « Et que seront (selon un sens) éparpillées les montagnes » des os du corps, ceux-ci devenant alors effrités et cassés, ou encore lorsque (selon un autre sens) les « montagnes » des os du corps seront « poussées et chassées », jusqu'à ce qu'elles deviennent « poussière dispersée ».

 

* Voir E.T., no 376 (mars-avril 1963) : Le Commentaire de la Fâtihah ; n° (nov.-déc. 1963), 381 (janv.-févr. 1964), 382 (mars-avril), 383 (mai-juin), 384-385 (juillet à octobre 1964) : Sur les Lettres Isolées ; no 414 (juillet-août 1969) : Le Commentaire des trois sourates finales, no 416 (nov.-déc. 1969) : Les Commentaires des sourates 96 et 97.

 

Versets

7. Vous formerez trois groupes

8. Il y aura alors les Compagnons de la Droite — oh, les Compagnons de la Droite !

9. Et il y aura les Compagnons de la Gauche — oh, les Compagnons de la Gauche !

 

Commentaire d'Al-Qâchânî :

7. - 9. « Vous formerez trois groupes », à savoir les bienheureux qui sont les justes (al-abrâr) et les bons (aç-çulahâ) d'entre les hommes, puis les malheureux qui sont les méchants (al-achrâr) et les corrupteurs (al-mufsidûn) d'entre les hommes ; les êtres du premier groupe ont été appelés les Compagnons de la Droite (Açhâbu-l-Maymanah), du fait qu'ils sont des êtres de bonne chance (yumn, mot de la même racine que maymanah) et de bénédiction (barakah), ou encore du fait qu'ils se sont orientés vers le plus excellent des deux côtés et le plus fort qui est aussi le côté supérieur et le monde de la Sainteté (âlamu-l-Quds) ; les êtres du deuxième groupe ont été appelés les Compagnons de la Gauche (Açhâbu-l-Mach'amah) du fait qu'ils sont des êtres de malchance (chu'm, mot de la même racine que mach'amah) et de malédiction (nuhûsah), ou encore du fait qu'ils sont orientés vers le plus vil des deux côtés et le plus faible, qui est le côté inférieur et le monde du sensible corporel (âlamu-l-hiss).

 

Versets :

10. Et il y aura enfin les Devançants qui seront les Devançants !

11. Ceux-ci sont les Rapprochés (d'Allah),

12. Dont la demeure est aux Paradis des Délices

13. Il y en aura beaucoup dans les Premiers (ou d'entre les Premiers)

14. Et peu dans les Derniers (ou d'entre les Derniers).

 

Commentaire d'Al-Qâchânî :

10. - 12. « Et il y aura les Devançants (as-Sâbiqûn) » — c'est-à-dire les Unitaires ou identifiés Suprêmes (al-Muwahhidûn ou al-Muwahhadûn), groupe de ceux qui auront devancé (dès cette vie même) les deux autres groupes et auront dépassé les deux mondes (du sensible corporel et de la Sainteté) par l'extinction en Allah (al-fanâ bi-llâh) — « qui seront bien les Devançants » — ceux dont on ne saurait faire la juste éloge, ni concevoir quelque chose de plus excellent que leurs attributs. « Ce sont ceux-ci les Rapprochés (d'Allah) (al-Muqarrabûn) » (1) dans leur état de réalisation de l'être principiel (hâla-t-tahaqquqi bi-l-wujûdi-l-haqqâni) après extinction, qui siégeront aux Paradis des Délices (Jannâti-n-Na’îm) à tous les degrés paradisiaques (2).

13. - 14. « Il y en aura beaucoup » — c'est-à-dire un grand nombre — de ces Rapprochés » dans les Premiers (al-Awwalûn) » qui sont les Bien-Aimés d'Allah (al-Mahbûbûn) situés dans la première des rangés des Esprits et jouissant de la Providence première dans la prééternité. « Et il y en aura peu dans les Derniers (al-Akhirûn) » qui sont les Amants d'Allah (al-Muhibbûn) dont le degré est inférieur à celui des Biens-Aimés et se situent dans la deuxième rangée : il y aura peu de Rapprochés d'Allah (Muqarrabîn) dans les Derniers qui sont les Amants, parce qu'il est rare le cas d'un Amant (al-Muhibb) qui atteigne le degré d'un Bien-Aimé (al-Mahbûb) et parvienne à l'extrême perfection de celui-ci ; la plupart des Amants se situent dans les Paradis des Attributs (Jannâtu-e-Cifât), arrêtés aux degrés des Bienheureux (as-Su'âdd), alors que les Bien-Aimés sont tous au Paradis de l'Essence (Jannâtu-dh-Dhât) parvenus à l'extrême degré. C'est pour cela que l'Envoyé d'Allah — qu'Allah lui accorde la grâce et la paix — a dit : « Les deux rangées (= les « Premiers » et les « Derniers ») sont de ma communauté » (3), ce qui voulait dire qu'il ne faut pas comprendre par les « Premiers » les communautés antérieures et par les « Derniers » la communauté de Mohammad, car en ce cas la situation serait plutôt inverse (4).

 

On peut comprendre aussi (selon l'acception habituelle des termes « Premiers » et « Derniers », exclusivement entendus alors dans un sens historique, et toujours limité à la seule communauté mohammadienne) qu'il y aura beaucoup de Sâbiqûn-Muqarrabûn dans les premières générations de cette communauté, à savoir ceux qui ont vu le Prophète et ont goûté la fraîcheur de la Révélation en son temps, et encore les Tâbi'ûn (Suivants) c'est-à-dire ceux qui ont succédé de près et ont connu les compagnons survivants du Prophète, — et qu'il y aura peu de ces Sâbiqûn-Muqarrabûn parmi les Derniers qui seront les venus, avec des cœurs durcis, bien tard dans le déroulement du cycle historique, jusqu'aux approches de la sortie du Mahdî (le Guidé) — sur lui le salut ! Mais il ne faut donc pas inclure dans cette notion des « Derniers » les contemporains du Mahdî, car les Devançants ou les « Rapprochés d'Allah » seront plus nombreux en son temps, du fait qu'ils seront Gens de la Grande Résurrection (al-Qiyâmatu-l-Kubrâ), des êtres du dévoilement initiatique et de l'Epiphanie (ahlu-l-kashfi wa-zh-Zhuhûr).

 

1) Le terme muqarrab qui dans le Coran qualifie encore Jésus et certains Anges, recouvre, en réalité, l'identité essentielle.

2) Ceci se réfère aux degrés que constituent les Paradis de l'Essence, des Attributs et des Actes divins.

3) Cette parole prophétique fut une réponse faite à des Compagnons qui avaient cru que les « Premiers » désignaient les communautés traditionnelles antérieures à l'Islam et les « Derniers » la communauté islamique.

4) Cette nuance apologétique s'expliquera mieux par ce que l'auteur dira plus loin de l'excellence du temps du Mahdi.

 

Versets

15. Ceux-ci reposeront sur des sièges bien agencés,

16. Accoudés, se faisant face les uns aux autres.

17. Autour d'eux tourneront des éphèbes jouissant d'une perpétuelle jeunesse,

18. Avec coupes et aiguières, ainsi que verres à breuvages de source,

19. Dont ils n'auront ni maux de tête ni étourdissements,

20. Et avec des fruits de leur choix,

21. Ainsi qu'avec des chairs d'oiseaux dont ils sont friands.

 

Commentaire d'Al-Qâchânî :

15. « Ceux-ci reposeront sur des sièges bien agencés », c'est-à-dire reliés l'un à côté de l'autre, cela désigne des existences obtenues par pur don divin, et spécialement destinées à chacun d'eux, conformément à une parole prophétique disant : « Ils séjourneront sur des estrades de lumière » ; ou encore des existences disposées selon les rangs des Attributs (Aç-Çifât).

16. « Accoudés », se montrant à découvert entre eux, du fait qu'ils occupent alors des positions spirituelles (rutab) qui correspondent à leurs degrés de réalisation effective (maqâmât) ; « se faisant face les uns aux autres », en tant qu'égaux en dignité et n'ayant jamais de voile entre eux dans la Source de l'Unicité (Aynu-l-Wahdah) dans laquelle ils se trouvent du fait de leur réalisation de l'Essence-même (adh-Dhât), et en tant que libres de se manifester par tout mode attributif de leur choix du fait qu'ils ont totalisé l'Amour essentiel (al-Mahabbatu-dh-dhâtiyyah) et qu'ainsi ils ne sont plus jamais voilés par les Attributs à l'égard de l'Essence ni par l'Essence à l'égard des Attributs.

17. « Autour d'eux tourneront des éphèbes perpétuellement jeunes », c'est-à-dire ils seront servis (selon une interprétation correspondant au point de vue microcosmique) par leurs facultés spirituelles (quwâ-hum ar-rûhâniyyah) restées à jamais sous le régime de leurs essences (bi-dawtlati dhawâti-him) ; ou encore (selon une autre interprétation, d'ordre généalogique, qu'on peut considérer comme intermédiaire entre les deux points de vue microcosmique et macrocosmique) ils seront servis par des jeunes êtres qualifiés d'entre les êtres de désir spirituel attachés à eux par un effet de la puissance de désir de ceux-ci, acception qui correspondrait (d'une certaine façon, au cas des êtres paradisiaques mentionnés) au verset disant : « Ceux qui auront eu la foi et qui auront été suivis avec la foi par leurs descendants. Nous les réunirons avec leurs descendants... » (Coran, 52, 21) ; enfin (selon un point de vue proprement macrocosmique) ils seront servis par des êtres angéliques du Malakût céleste) (5).

18. « Avec coupes et aiguières, ainsi que verres à breuvages de source », emblèmes (les premières mentionnées) des « vins » (khumûr) de la volonté spirituelle (irâdah), de la connaissance (al-ma'rifah), de l'amour (al-mahabbah), du désir passionnel (al-ichq) et de la saveur éprouvée (adh-dhawq), ainsi qu'emblèmes (les verres) des « eaux » correspondant aux formes de sagesse et de science transcendantes (miyâ-hu-l-hikam wa-l-'ulûm).

19. « Dont ils n'auront ni maux de tête », parce que les breuvages dont il s'agit sont tous pure saveur n'entraînant aucune souffrance ou trouble, et parce que s'agissant d'êtres parvenus à l'Union (Wâçilûn) ceux-ci auront éprouvé la saveur fraîche de la Certitude (al-Yaqîn) et auront bu de la source de Camphre (6), car l'Amour de l'Union (Mahabbatu-l-Wuçûl) est dépourvu de la douleur du désir et de la peur de la perte ; « ni étourdissements », c'est-à-dire ils ne perdront pas leurs facultés de discernement et d'intelligence sous l'effet d'une ivresse (sukr) et n'en seront pas obnubilés, parce qu'ils sont des êtres de lucidité (çahw), non voilés par l'Essence à l'égard des Attributs ce qui provoquerait l'« ivresse » et les exposerait à être vaincus par leur état spirituel (al-hâl).

20. « Et avec des fruits » — qui sont leurs expériences réalisatrices et intuitives — « de leur choix », c'est-à-dire qu'ils en choisiront les meilleurs, car tout en trouvant tous les fruits, ils n'en prendront que les plus purs, les plus beaux, les plus nobles et les plus sublimes.

21. « Ainsi qu'avec des chairs d'oiseaux dont ils sont friands » — qui sont les subtilités des formes de sagesse et les finesses des idées transcendantes qui servent à les fortifier.

 

5) Le Malâkût est « le monde du Mystère (âlamu-l-Ghayb) réservé aux esprits et aux âmes » (Jurjâni, Ta'rîfât).

6) Source paradisiaque dont boivent exclusivement les « Gens de l'Unité Essentielle ». Cf. Al-Qâchânî : Les trois sourates finales E.T. n. 414, juillet-août 1969, p. 161, note. 260.

 

Versets

22. (Ils auront) aussi des houris aux grands yeux noirs,

23. Telles des perles bien gardées (ou thésaurisées),

24. En récompense de ce qu'ils auront fait.

25. Ils n'y entendront ni bavardages, ni incriminations

26. Mais seulement une parole : Paix ! Paix ! (ou une parole de paix, de paix !).

 

Commentaire d'Al-Qâchânî :

22. « Ils auront aussi des houris aux grands yeux noirs » qui sont des épiphanies de l'ordre des Attributs divins et des puretés simples de l'ordre du Jabarût (7), ainsi que des esprits purs cohabitant leurs degrés paradisiaques.

23. « Telles des perles » sereines de pureté et de clarté, « bien gardées » dans des coquilles, ou « thésaurisées » du fait qu'elles se trouvent dans les intériorités et les trésors de l'invisible, soustraites aux profanes exotériques.

24. « En récompense de ce qu'ils auront fait », quand ils se trouvaient en état de droite orientation, en fait d'œuvres divines voulues pour elles-mêmes ou rapportées à leur récompense ; ou encore « en récompense de ce qu'ils auront fait » pendant leur marche initiatique comme œuvres purificatrices et clarifiantes.

25. « Ils n'y entendront ni bavardages », dire paroles sans mesure et propos futiles, du fait qu'ils sont des êtres de réalisation (ahlu-t-tahqîq) qui observent soigneusement devant Allah les règles de la convenance spirituelle ; « ni incriminations », c'est-à-dire des actes détestables comme les médisances et les mensonges, etc.

26. « Mais seulement une parole de paix, de paix », c'est-à-dire une parole qui est en elle-même paix, exempte de défauts, pure de redondances et superfétations, et aussi une parole (opérative) : Paix ! Paix ! qui préserve l'auditeur de vices et de défauts, lui assure au contraire la joie et l'honneur, et met en évidence sa perfection et son excellence, ces êtres ne parlant alors que de connaissances et de réalités pures, ne prononçant que des salutations vivifiantes et de subtilités spirituelles; l'interprétation de ce verset est faite pour correspondre aux deux manières de comprendre son texte sous le rapport de la syntaxe.

 

7) Le Jabarût, qui chez la plupart des écrivains signifie le monde intermédiaire (âlamu-l-wasat), est chez Abû-Tâlib al-Makkî (auteur du Qûtu-l-Qulûb) le monde de la ‘Azhamah (la Grandeur) qu'il fait correspondre au domaine des Noms et des Attributs (cf. Jurjânî, ibid.) : c'est visiblement ce sens qu'il a ici-même.

 

Sourate :

27. Et les Compagnons de la Droite — oh, les Compagnons de la Droite !

28. Ils séjourneront parmi les jujubiers sans épines (ou surcharges de fruits)

29. Et des bananiers couverts de régimes étagés,

30. Sous une ombre étendue,

31. Ou une eau est déversée

32. Et ou les fruits abondent,

33. Ni épuisables, ni interdits.

 

Commentaire d'Al-Qâchânl :

27. « Et les Compagnons de la Droite — oh, les Compagnons de la Droite ! » — cette exclamation est pour dire que ceux-ci sont des êtres nobles, importants et excellents, qui étonnent par leurs modes de béatitude.

28. « Ils séjourneront parmi des jujubiers sans épines », c'est-à-dire dans le paradis de l’âme (jannatu-n-nafs) dépouillée d'épines qui s'opposeraient aux facultés (quwâ) et aux natures individuelles (tabâi’) et qui contrarieraient les passions (ahwâ) et les ambitions (dawâ’i), du fait que l’âme est alors dépouillée des formes (hay’ât) dont ses attributs furent revêtus (ici-bas), par la lumière de l'esprit et du cœur, ou encore (selon un deuxième sens), « des jujubiers surchargés » des fruits des bonnes œuvres et des attitudes vertueuses — tout ceci dit pour correspondre aux deux interprétations du verset (le mot makhd’ûd, qui qualifie les jujubiers, pouvant être compris soit « sans épines » soit « surchargés »).

29. « Et parmi des bananiers couverts de régimes étagés », c'est-à-dire dans le paradis du cœur (jannatu-l-qalb), car le bananier est un arbre dont le fruit est doux, charnu, savoureux et sans (la dureté d'un) noyau, comme les saisies (informelles) du cœur et ses idées pures séparées de la matérialité et des formes corporelles, cas différent de celui du jujubier dont le fruit a des noyaux nombreux comme les perceptions (formelles) de l’âme individuelle prédisposée aux attaches matérielles et aux formes corporelles. Le bananier est décrit couvert de régimes étagés » parce que ses fruits se superposent de bas en haut au point qu'on ne lui aperçoit même pas le tronc, fait qui symbolise la multitude sans fin des perceptions (formelles).

30. « Sous une ombre étendue » causée par la lumière de l'Esprit apaisant (nûru-r-Rûhi-l-murawwih).

31. « Où une eau est déversée (maskûb) » qui est une science répandue sur eux, qu'on déverse du monde de l'Esprit ; cette eau est dite « déversée » (comme d'un récipient) et non pas coulante » (comme celle d'une rivière ou d'une source) parce que les sciences de ces bienheureux (as-su'adâ’) sont peu nombreuses par rapport aux œuvres accomplies par eux ; en effet, il ne s'agit ici que de leurs sciences spirituelles éprouvées dans des expériences directes, contemplatives, unitives et par goût personnel, même si sous d'autres rapports leurs sciences utiles sont très nombreuses.

32. « Et où les fruits abondent » telles les saisies d'ordre partiel (ou individuel) ou les saisies d'ordre total (ou universel) savoureuses, comme les choses sensibles (al-mahsûsât), imaginatives (al-mukhayyalât) ou conjecturales (al-mawhûmât) (pour ce qui est de l'ordre individuel) ou les idées pures universelles propres au cœur spirituel (al-maânî-l-kulliyyah al-qalbiyyah).

33. « Ni épuisables », parce que ces fruits sont en nombre illimité, « ni interdits » parce qu'ils restent à la discrétion de ces bienheureux : dès que ceux-ci en désirent, et où que ce soit, ils les trouvent.

 

Versets :

34. Ils auront aussi des couches élevées.

35. (Leurs compagnes) Nous les avons œuvrées d'une façon à part.

36. Nous les avons instituées vierges

37. Chéries de leurs époux et d'un âge égal,

38. Destinées aux Compagnons de la Droite.

39. Ceux-ci sont nombreux parmi les Premiers

40. Et nombreux aussi parmi les Derniers.

 

Commentaire d'Al-Qâchânî :

34. « Ils auront aussi des couches élevées » qui symbolisent des constitutions excellentes et des formes illuminatives psychiques acquises par des œuvres de vertu. Ces acquisitions sont élevées par rapport au degré des formes corporelles ; elles dépassent la région inférieure de l'être vers le niveau de la « poitrine » (aç-çadr) qui constitue la région supérieure de l'âme psychique (an-nafs). Il peut s'agir également de houris d'entre les compagnes paradisiaques, c'est-à-dire des forces du Malakût rattachées aux Compagnons de la Droite et qui leur sont égales en degré. Ceci dit pour correspondre à la double acception du terme coranique furuch (qu'on interprète comme désignant soit des « lits », soit des « épouses »).

35. « (Leurs compagnes) Nous les avons œuvrées d'une façon à part », merveilleuse, lumineuse, et les avons faites séparées de toute matérialité grossière, pures des tâches de la nature individuelle et des souillures du monde élémentaire.

36. « Nous les avons instituées vierges », c'est-à-dire non-affectées par le contact des réalités de nature individuelle, ni par l'attouchement des êtres naturels et extérieurs soumis aux habitudes routinières, âmes fourvoyées dans la matérialité grossière.

37. - 38. « Chéries de leurs époux » — sachant se rendre aimées de leurs époux, et étant aimées bien par ceux-ci, par leur pureté et par la beauté de leur substance, ainsi que par la constance de leur attachement à eux. Elles sont dites « d'un âge égal » parce qu'étant de même degré ontologique, que leurs époux elles occupent les mêmes rangs que ceux-ci et possèdent la substance de l'éternité.

39. « Ceux-ci sont nombreux parmi les Premiers » parce que les Bien-Aimées (al-Mahbûbûn) viennent chez les Compagnons de la Droite dans leurs Paradis lors de leurs mouvements d'approches (tadânî) d'Allah et des montées (taraqqî) dans les degrés, et aussi lors de leurs penchements et de leurs retours vers les Attributs (ac-Çifât) ; ils se mélangent alors avec les Compagnons de la Droite et ceux-ci se trouvent alors inclus de ce fait dans leurs rangs.

40. « Et nombreux aussi parmi les Derniers », du fait que la plupart des Amants (al-Muhibbûn) sont des compagnons de la Droite et restent avec les Attributs, sans avoir l'amour de l'Essence Absolue (adh-Dhât). Si nous interprétons les Premiers et les Derniers comme concernant les générations initiales et celles finales de la communauté mohammadienne, l'application en apparaît ici sans difficultés du fait que les Compagnons de la Droite sont nombreux dans les générations ultimes au contraire des Devançants (as-Sâbiqûn).

 

Versets :

41. Et les Compagnons de la Gauche — oh, les Compagnons de la Gauche !

42. Ils seront dans un vent mortifère et dans de l'eau bouillante,

43. A l'ombre d'une nuée noire

44. Qui ne sera ni rafraîchissante, ni reposante.

 

Commentaire d'Al-Qâchânî :

41. « Et les Compagnons de la Gauche — oh, les Compagnons de la Gauche ! »

Ceux-ci étonneront par leurs états et leurs modes de malheur, de malchance, d'avilissement et de bassesse.

42. « Ils seront dans un vent mortifère », comme les souffles des passions destructrices et des comportements impies et nuisibles ; et ils seront aussi dans l'« eau bouillante » des connaissances fausses et des croyances perverses.

43. « A l'ombre d'une nuée noire », celle des formes d'âmes noircies par des attributs sombres et par des comportements vilains et obscurs, parce que le yahmûm (traduit par « nuée noire ») est une fumée ténébreuse.

44. « Qui ne sera ni fraîche ni reposante », c'est- à-dire dépourvue des deux avantages que l'ombre ordinaire offre à celui qui s'y abrite à savoir la fraîcheur et le repos ; car cette fumée sera nuisible, pénible et pernicieuse du fait qu'elle produira fatigue, chaleur excessive et affliction.

 

Versets

45. Ceux-ci menaient avant cela une vie d'agréments

46. Et persévéraient dans la grande infâmie,

47. Tout en disant : « Quand nous serons morts et devenus poussière et os, serons-nous ressuscités ?

48. Et nos tous premiers ancêtres... ? »

49. Réponds-leur : « En vérité les premiers et les derniers,

50. Seront réunis au rendez-vous d'un Jour préfixé. »

 

Commentaire d'Al-Qâchânî :

45. « Ceux-ci menaient avant cela une vie d'agréments », adonnés qu'ils étaient aux plaisirs et aux passions, immergés dans les modes de la nature grossière et recouverts dans des voiles de la vie corporelle, ce par quoi, du reste, ils ont acquis leurs nouvelles formes emprisonnantes et leurs séquelles de perdition.

46. « Et persévéraient dans la grande infâmie » des faux propos et des croyances corrompues par lesquels ils ont mérité le châtiment perpétuel et les peines sans fin.

47.- 50. « Tout en disant » — dans l'ensemble de leurs croyances — des propos contestant la résurrection.

 

Versets :

51. Ensuite vous, les égarés et les contestateurs,

52. Vous mangerez (les fruits) d'un arbre appelé Zaqqûm :

53. Vous vous en remplirez les ventres

54. Et vous y ajouterez de l'eau bouillante,

55. Or vous en boirez comme des chameaux assoiffés.

56. Tel sera votre festin le Jour de la Rétribution.

 

Commentaire d'Al-Qâchânî :

51. « Les égarés et les contestateurs » sont les ignorants persistant dans leur ignorance et dans la négation des vérités qui divergent de leurs croyances fausses.

52. « Vous mangerez (les fruits) d'un arbre appelé Zaqqûm », qui est l'âme asservie par les délectations et les désirs passionnels en lesquels elle est immergée, attirée par les côtés inférieurs de la nature individuelle, à la suite de vos accoutumances avec celle-ci et des avantages que vous y trouvez.

53. De ces fruits malsains, désagréables et brûlants qui représentent des configurations existentielles opposées à la perfection et entraînant vers la perdition. « vous vous remplirez les ventres », tant sera violente votre avidité, votre cupidité et votre voracité, dues à votre gourmandise maladive.

54. Là-dessus « vous ajouterez l'eau bouillante » des imaginations fausses et des illusions trompeuses lesquelles sont du domaine de l'ignorance qui mène à la perte.

55.- 56. « Or vous en boirez comme des chameaux assoiffés », ce qui est une soif sans satiété, à cause de la force de votre passion et de votre voracité.

 

Versets :

57. C'est Nous qui vous avons créés : pourquoi ne le confirmez-vous pas ?

58. Avez-vous regardé ce que vous éjaculez ?

59. Est-ce vous qui le créez ou c'est Nous qui en sommes les Créateurs ? (7 bis)

60. C'est Nous qui avons décrété parmi vous la mort, et Nous ne serons devancés par qui que ce soit,

61. si Nous voulons mettre à votre place d'autres êtres pareils, alors que vous-mêmes Nous vous ferions prendre existence dans des formes que vous ne connaissez pas.

62. Vous avez connu la première existence : pourquoi n'en reprenez-vous pas conscience ?

63. Avez-vous regardé ce que vous cultivez ?

64. Est-ce vous qui l'ensemencez ou c'est Nous qui en sommes les Semeurs ?

65. Si Nous voulons, Nous le rendons stérile et vous ne cesseriez de récriminer

66. « Nous sommes des endettés !

67. Ou plutôt nous sommes des êtres frustrés » (du fruit de leur travail).

68. Avez-vous regardé l'eau que vous buvez ?

69. Est-ce vous qui la faites descendre du nuage ou c'est Nous qui la faisons descendre ?

70. Si Nous voulons, Nous la rendons saumâtre pourquoi n'êtes-vous pas reconnaissants ?

71. Avez-vous regardé le feu que vous obtenez par frottement (des deux morceaux de bois spécial) ?

72. Est-ce vous qui produisez l'arbre qui vous sert à obtenir ce feu, ou c'est Nous qui en sommes les Producteurs ?

73. Nous en avons fait un rappel et une chose utile pour les voyageurs du désert.

74. Glorifie donc le Nom de ton Seigneur le Magnifique!

 

Commentaire d'Al-Qâchânî :

57. « Nous vous avons créé » en vous faisant paraître par Notre propre existence (wujûd), et en paraissant Nous-mêmes dans les formes de vos êtres (8) « pourquoi ne le confirmez-vous pas ?

58.- 59. « Avez-vous regardé ce que vous éjaculez ? Est-ce vous qui le créez » en répandant sur cela la Forme humaine (aç-Çûratu-l-insâniyyah), « ou c'est Nous qui en sommes les Créateurs ? » (9)

60.- 62. (Non commentés).

63.- 64. « Avez-vous regardé ce que vous cultivez ? Est-ce vous qui l'ensemencez » en faisant descendre sur cela les formes spécifiques (aç-çuwar an-naw'iyyah) (des êtres respectifs), « ou c'est Nous qui en sommes les Semeurs ? »

65.- 67. (Non commentés).

68. « Avez-vous regardé l'eau » - l'eau symbolisant la science - « que vous buvez » avec la soif de votre prédisposition native (isti'dâd).

69. « Est-ce vous qui la faites descendre du nuage » de l'intellect matériel (al-‘aql al-hayûlânî), ou c'est Nous qui la faisons descendre ? »

70. « Si Nous voulons, Nous la rendrons saûmatre » en détournant (la science) vers les emplois et applications de la vie d'ici-bas. « Pourquoi n'êtes-vous pas reconnaissants ? »

71. « Avez-vous regardé le feu » des Idées Saintes « que vous obtenez » en frappant le briquet de la réflexion (al-fikr) ?

72. Est-ce vous qui produisez l'arbre qui vous sert pour ce feu », c'est-à-dire la faculté réflexive (al-quwwatu-l-fikriyyah), « ou c'est Nous qui en sommes les Producteurs ? »

73. « Nous en avons fait un rappel » du pacte prééternel conclu dans le Monde de la Sainteté, « et une chose utile » pour ceux qui n'ont pas le viatique nécessaire, de science et d'œuvre.

74. (Non commenté).

 

7 bis) Rappelons ici plus spécialement que le pluriel de majesté utilisé par Dieu dans la révélation monothéiste s'explique par la multiplicité des Noms divins pouvant intervenir dans une situation donnée ou dans une action divine, ou encore par la « coopération » qu'Allah réalise parfois avec des Anges ou d'autres créatures, auxquels cependant Il n'a conféré que des formes fonctionnelles du pouvoir agissant et opérant qui, en vérité, Lui appartient exclusivement.

8) On a ici un exemple d'interprétation selon le point de vue de Wahdatu-l-Wujûd, l'Unicité de l'Existence.

9) Cf. le hadith : « Allah a créé Adam selon Sa Forme ».

 

Versets :

75. Je ne jurerai pas par les descentes (ou les couchers) des étoiles !

76. — Or c'est un formidable serment si vous le saviez ! —

77. En vérité (cette Révélation) est un noble Coran,

78. Conservé dans un Livre Caché,

79. Que seuls les purifiés touchent,

80. Message graduellement transmis de la part du Seigneur des Mondes.

 

Commentaire d'Al-Qâchânî :

75. « Je ne jurerai pas par les descentes des étoiles (mawâqi'u-n-nujûm) ; ces descentes sont les moments (awqât) de jonction de l'Ame mohammadienne sanctifiée (an-Nafsu-l-muhammadiyyatu-l-muqaddasah) avec l'Esprit Saint (ar-Rûhu-l-Quds), jonction qui occasionne la descente des « étoiles du Coran » dans le Prophète (10). Et quels nobles moments et quelles jonctions illuminatives !

Selon une autre façon de voir (correspondant à la traduction des mawâqi'u-n-nujûm par « les couchers des étoiles ») il s'agit des moments où le Prophète se soustrayant à ses sens ordinaires (hawâss) ceux-ci déclinent vers le Couchant du corps et y disparaissent ; cela a lieu lors de l'immersion de son secret central (as-sirr) dans le Mystère (al-Ghayb) et de son agencement sur le fil de la Sainteté transcendante (al-Quds) ; ou encore, et même plutôt, ces « moments » sont ceux de sa disparition dans la Vérité principielle (al-Haqq) et de sa noyade dans l'Unité totale (al-Wahdah).

76. « — Or c'est un formidable serment, si vous le saviez ! — » Comment en effet le sauraient-ils ? Où sont-ils par rapport à la science qui s'y rapporte ?

77. « En vérité (cette Révélation) est un noble Coran (= synthèse du Verbe universel) », c'est-à-dire une Science totale (‘Ilm majmû') (11) douée d'une supériorité et d'une noblesse primordiale, ainsi que d'une valeur sublime.

78. « Conservé dans un Livre Caché » ; ce « livre » est son cœur caché dans le Mystère et soustrait aux sens et à tous êtres autres que les Rapprochés (ai-Muqarrabûn) d'entre les Anges purs, car l'Intellect coranique (al-Aqlu-l-qur’ânî) s'y trouve déposé ; ceci correspond à la déclaration de Jésus — sur lui la paix — disant : « Ne dites pas : la science est au ciel, et qui la fera descendre ? ni : elle est dans les profondeurs de la terre, et qui la fera remonter ? ni elle est au-delà des mers, et qui pourra les traverser et l'en rapporter ? Elle est dans vos propres cœurs ! Comportez-vous devant Allah selon les règles des êtres spirituels, et elle vous apparaîtra ! »

On peut dire aussi que ce « Livre » est l'Esprit Premier (ar-Rûhu-l-Awwal) — même chose que le siège du Décret (mahallu-l-Qadâ') et l'abri de l'Esprit mohammadien (ma’wâ-r-Rûhi-l-muhammadi) ou plutôt cet Esprit lui-même.

79. « Que seuls les purifiés touchent », à savoir les Esprits séparés (al-Arwâh al-mujarradah), purs de la souillure des natures individuelles et des troubles dûs aux attaches matérielles.

80. « Message graduellement transmis de la part du Seigneur des Mondes », parce que Sa science est apparue sur le support épiphanique mohammadien et qu'elle est donc descendue de chez Lui sur ce support, graduellement, par mode d'étoiles.

 

10) Rappelons aussi que la Descente du Coran a eu lieu pour le Prophète — sur lui le salut — une première fois, intégralement et synthétiquement, d'un seul coup (inzâl), ce qui macrocosmiquement est un événement situé au Ciel de ce bas inonde ; ensuite, graduellement et en fonction des événements de la carrière du révélateur, s'est réalisé la descente successive (tanzîl) dite par mode d'« étoiles ».

11) Cette explication se réfère à la dérivation du mot Coran (en arabe Qur'ân) d'une racine qui exprime l'idée de se réunir ».

 

Versets

81. Alors c'est cet Avènement (du Coran) que vous éludez donc ?

82. Tout en faisant votre nourriture de l'accusation de mensonge.

 

Commentaire d'Al-Qâchânî :

81. « Alors c'est cet Avènement du Coran que vous éludez donc ? » en le dédaignant, en ne vous souciant pas et en ne faisant aucun effort pour en servir la vérité et en comprendre le sens, agissant donc comme quelqu'un qui esquisserait un semblant de condescendance et qui en vérité prendrait le Coran à la légère, en le considérant négligeable.

82. « Tout en faisant votre nourriture de l'accusation de mensonge », c'est-à-dire en faisant de cette accusation de mensonge votre aliment du cœur et votre véritable nourriture ; vous y arrivez en effet quand vous vous voilez par vos propres sciences et par votre refus de tout ce qui n'est pas du genre de vos sciences, comme fait l'ignorant qui conteste tout ce qui diverge de sa croyance dogmatique : ainsi sa « science » (limitée), par elle-même, constitue une accusation de mensonge (portée contre la Vérité).

On peut comprendre encore que la « nourriture » dont il s'agit est le fait même de parler constamment de mensonge (au sujet du Coran) ; c'est comme si on faisait sa « nourriture » de cet acte contestateur, et c'est dans un sens pareil qu'on dit de quelqu'un qui persiste dans le mensonge que « sa nourriture est le mensonge » (12).

 

12) Cette explication serait peut-être encore plus compréhensible si on se rappelait que le Prophète — sur lui la Paix — a dit : « Ce Coran est le festin d'Allah ! Allez à Son festin autant que vous pouvez ! » La notion de « nourriture » qui intervient ici est une indication précieuse de l'analogie de principe entre le Verbe coranique et le Verbe de la Cène christique ; l'application plus exacte au verset commenté serait la suivante : le fait de traiter de mensonge ce Verbe de la Nourriture divine c'est placer le Mensonge là où est la Vérité ; persister dans cette accusation contre le Coran, c'est non seulement refuser d'aller au festin divin, mais le remplacer par un repas de mensonges.

 

Versets :

83. Pourquoi donc — lorsque votre âme (au moment de la mort) vous monte à la gorge

84. Et que vous jetez des regards (de tous les côtés),

85. Et Nous sommes alors plus près de tout mourant que vous ne l'êtes vous-mêmes, mais vous ne voyez pas —

86. Pourquoi donc — si vous ne devez pas être soumis à une reddition de comptes —

87. Pourquoi donc, ne la ramenez-vous pas (l’âme) en arrière, si vous êtes véridiques ?

 

Commentaire d'Al-Qâchânî :

83.- 87. « Pourquoi donc — lorsque votre âme (au moment de la mort) vous monte à la gorge etc. » pourquoi ne l'en ramenez-vous pas si vous êtes véridiques » dans votre prétention de rester (libres et maîtres de vous-mêmes) non-régis, ni dominés, ni contraints (par un pouvoir supérieur) ? Par cela on veut signifier que vous êtes en vérité sous la contrainte d'un pouvoir seigneurial et impuissants par vous-mêmes, car autrement (c'est-à-dire si vous étiez libres et maître de votre destin) vous devriez pouvoir repousser cette chose extrêmement abhorrée : la mort.

 

Versets :

88. Puis, ce mort, s'il est d'entre les Rapprochés

89. Trouvera repos, arômes et jardin de délices,

90. Et s'il est d'entre les gens de la Droite,

91. « Paix sur toi ! » lui diront les gens de la Droite.

92. Mais s'il est d'entre les contestateurs égarés,

93. Il fera un séjour dans l'eau bouillante

94. Et sera aussi brûlé dans un feu intense.

95. C'est cela la Vérité certaine.

96. Célèbre donc le Nom de ton Seigneur le Magnifique !

 

Commentaire d'Al-Qâchânî :

88.- 89. « Puis, ce mort, s'il est d'entre les Rapprochés (al-Muqarrabûn) » qui constituent une des trois catégories d'êtres précitées (verset 11) —, il aura le Repos de l'Arrivée au but (Rawhu-l-Wuçûl) au Paradis de l'Essence suprême (Jannatu-dh-Dhât), les Arômes (Rayhân) du Paradis des Attributs divins (Jannatu-ç-Cifât) et de leurs épiphanies joyeuses et réjouissantes, ainsi que les Délices du Paradis des Actes divins (Jannatu na’îmi-l-Af’âl) et de leurs saveurs.

90.- 91. « Et s'il est d'entre (les gens de la Droite) », les bienheureux et les purs, il aura le plaisir et la satisfaction de la rencontre avec les gens de la Droite qui l'accueilleront avec une salutation qui correspond à l'intégrité de la nature primordiale (salâmatu-l-Fitrah), à la préservation du châtiment et à l'exemption de défauts psychiques, au Paradis des Attributs (Jannatu-ç-Çifât).

92.- 94. « Mais s'il est d'entre (les contestateurs égarés) » les malheureux qui font opposition aux précédents dont ils nient les perfections, gens voilés par l'ignorance sotte, il aura, par en haut, le châtiment correspondant aux formes de croyance corrompues et aux obscurités de la stupidité grossière, châtiment décrit comme « descente dans une eau bouillante » (nuzulun min hamîm) et il aura encore, par en bas, le châtiment des formes corporelles avec leurs conséquences dans l'ordre des actes, décrit comme « brûlure dans un feu intense » (taçliyatu jahîm).

95.- 96. Les choses mentionnées concernant les états des trois catégories en question, et leurs conséquences, expriment la vérité de fait et la clarté d'état selon la vue directe des contemplants qui ont déjà vu la Grande Résurrection (al-Qiyâmatu-l-Kubrâ) et qui ont réalisé en eux-mêmes la vérité de leur certitude et de leur vision. Et Allah est plus savant !

 

Traduction et notes de

M. VALSAN

Commenter cet article

Ben 18/01/2013 12:53

Salam alaykoum,
Excellent article, merci beaucoup .
p.s. il y a deux fois le verset 16, de suite
Bonne continuation

Vivi 16/01/2013 09:35

Merveilleux! merci pour ce travail précieux que car il est difficile de trouver ces textes. Avoir une interprétation doctrinale du Coran en français est très digne d'intérêt! A ce niveau, le
travail de Michel Valsan(ra) reste inégalé. Qu'Allah vous récompense.