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Publié par Abdoullatif

Michel Valsan 1CHAPITRE SUR LA VISION

(Bâb fî-r-Ru’ya)

 

Le Confirmateur (as-Siddîq, épithète d’Abû Bakr) – qu’Allâh soit satisfait de lui ! – a dit : « Je n’ai pas vu de chose sans avoir vu Allâh avant la chose. »

Le Discriminateur (al-Fârûq, épithète d’Omar) – qu’Allâh soit satisfait de lui ! – a dit : « Je n’ai pas vu de chose sans avoir vu Allâh (simultanément) avec la chose. »

Othmân – qu’Allâh soit satisfait de lui ! – a dit : « Je n’ai pas vu de chose sans avoir vu Allâh après la chose. »

D’entre les gens inspirés, quelqu’un a dit : « Je n’ai pas vu de chose sans avoir vu Allâh auprès de la chose. »

Un autre d’entre eux a dit : « Je n’ai pas vu de chose sans avoir vu Allâh dans la chose. » (1)

Un autre a dit : « Je n’ai rien vu (text. :« Je n’ai pas vu de chose ») lorsque j’ai vu. »

Un autre a dit : « Je n’ai rien vu. » (text. :« Je n’ai pas vu de chose.»)

Un autre a dit : « Celui qui L’a vu n’a rien vu. » (text. :« n’a pas vu de chose.»)

Un autre a dit : « Il n’est vu que dans une chose. »

Un autre a dit : « J’ai fermé mon œil, puis je l’ai rouvert ; or je n’ai vu qu’Allâh (dans les deux états). »

Un autre a dit : « Celui qui s’est vu soi-même (son âme) L’a vu, car la vision (ar-ru’ya) se conforme à la connaissance (al-ma’rifa) (2) ; or (selon le hadith) celui qui s’est connu soi-même (qui a connu son âme) a connu son Seigneur. »

Un autre a dit : « La vision n’est affirmée que par sa négation ; donc celui qui ne L’a pas vu, L’a vu. »

Un autre a dit : « Depuis que je L’ai vu, je ne vois plus autre chose que Lui. »

Un autre a dit : « Ne Le voit que celui qui L’a connu selon que Lui-même l’a fait connaître. »

 

(1) La même parole se trouve attribuée à Muhammad Ibn Wâsi’ dans Kitâbu-t-Ta’arruf, chap.21, d’Al-Kalâbâdhî.

(2) Dans l’édition de Haiderabad, le mot al-ma’rifa manque.

 

CHAPITRE SUR L’AUDITION

(Bâb fî-s-Samâ’)

 

Allâh - qu’Il soit exalté ! - a dit : « Accepte son voisinage (celui du polythéiste) jusqu’à ce qu’il ait entendu la Parole d’Allâh (Kalâmu-Llâh) » (Cor.9, 6) (1).

D’entre les gens inspirés quelqu’un a dit : « Celui qui L’a entendu L’a entendu de toute chose. » (2)

Un autre d’entre eux a dit : « Celui qui Le contient L’entend. » (3)

Un autre a dit : « Celui qui L’a entendu a entendu dans toute chose. » (3bis)

Un autre a dit : « N’entend Sa Parole que celui qui est ouïe sans organe. »

Un autre a dit : « Celui qui L’a entendu dans une chose et ne L’a pas entendu dans une autre chose ne L’a pas entendu. »

Un autre a dit : « Nul ne L’entend spontanément sans que ce soit Lui-même qui l’ait appelé au fond de son secret intime (sirr). »

Un autre a dit : « Celui qui L’a entendu, chez lui le Coran ne se différencie plus. »

Un autre a dit : « Quand quelqu’un prétend L’avoir entendu, demandez-lui ce qu’il en a compris, car on ne L’entend qu’en comprenant (bi-l-fahm). »

Il y a aussi quelqu’un qui a dit L’avoir entendu prononcer tous le Livres (Kutub) révélés et les Feuillets (Suhuf) et toute parole (kalâm) paraissant dans le monde dans une seule langue (bi-lisânin wâhidin).

Un autre a dit : « Sois celui auquel Il s’adresse quand Il dit (dans le Coran) : O ceux qui avez la foi !... »

Un autre a dit : « Depuis que je L’ai entendu je n’ignore aucun langage (lugha), et nulle idée (ma’nâ) ne m’est inaccessible. »

Un autre a dit : « Si le vicariat (an-niyâba) quant à la Parole proférée (al-Kalâm) est valide, est également valide le vicariat quant à l’Audition (as-Samâ’) ; or le vicariat quant à la Parole proférée ne peut être contesté si l’on tient compte du verset : « Accepte son voisinage (celui du polythéiste) jusqu’à ce qu’il ait entendu la Parole d’Allâh » (Cor.9, 6) ; et les oreilles entendaient l’expression de Muhammad - qu’Allâh lui accorde Ses grâces unitives et Ses grâces pacifiques - et l’Ouïe entendait la Parole de Dieu (Kalâmu-l-Haqq) : qu’Il soit magnifié et exalté ! »

Un autre a dit : «  Les expressions (‘ibârât) et les indications (dilâlât) sont pour établir le contact ; la Parole (al-Kalâm) est derrière tout cela. Et comme l’Ouïe (as-Sam’) suit la Parole, l’Ouïe elle-même est au-delà de tout cela. »

Un autre a dit : « Le signe de reconnaissance de celui qui a entendu est son comportement (jaryu-hu) (4) selon le statut de ce qu’il a entendu, car celui qui a entendu se trouve pris aux entraves. »

 

(1) Le Prophète récitant le Coran qui est la Parole d’Allâh est le support de celle-ci, et vicaire ou remplaçant (nâ’ib) d’Allâh.

(2) Dans l’éd. Haiderabad, manque le mot min = « de », et le sens de la formule est alors :… « a entendu toute chose ».

(3et 3 bis) Ces deux citations manquent dans l’édition de Haiderabad.

(4) Par différence des manuscrits consultés, l’édition de Haiderabad porte ici huznu-hu = « sa tristesse », ce qui engagerait vers un sens qui ne semble pas adéquat au contexte.

 

CHAPITRE SUR LA PAROLE

(Bâb fî-l-Kalâm)

 

Allâh - qu’Il soit exalté ! - a dit : « Et Allâh parla (kallama) à Moïse. » (Cor. 4,164.)

D’entre les gens inspirés, quelqu’un a dit : « Tu ne L’entendras que de toi-même (lâ tasma’u-Hu illâ min-ka). »

Un autre d’entre eux a dit : « Il ne te parle que (en procédant) de toi-même (lâ yukallimu-ka illâ min-ka). »

Un autre a dit : « Celui auquel Il a parlé en lui-même, c’est celui-là auquel Il a parlé (vraiment). »

Un autre a dit : « S’Il lui avait parlé (en procédant) de lui, Il ne Se serait pas adressé à lui en criant (mâ nâdâ-hu). » (1)

Un autre a dit : « Il ne te parle que de (l’intérieur de) celui dont la vie est à l’intérieur (mimman batanat hayâtu-Hu). » (2)

Un autre a dit : « Il n’y a pas de parlant (mutakallim) si ce n’est Lui : celui qui L’a entendu a connu ce que je dis. »

Un autre a dit : « Celui qui ne L’a pas entendu ne connaît pas Sa Parole (Kalâmu-Hu). »

Un autre a dit : « Quand Il t’a parlé (de l’intérieur) de celui dont la vie est apparente (mimman zaharat hayâtu-Hu) et que tu L’as entendu, tu es le plus proche des proches ; si tu ne L’as pas entendu en lui (fî-hi), tu es le plus éloigné des éloignés. Quand Il t’a parlé (de l’intérieur) de celui dont la vie est à l’intérieur (mimman batanat hayâtu-Hu) et que tu L’as entendu, tu es (le) très proche, et si tu ne l’as pas entendu tu es (le) très éloigné. » (3)

Un autre a dit : « Celui auquel Il parle de côté (mina-l-jânib) est un partant (dhâhib). »

Un autre a dit : « Celui qui ne l’a pas entendu par Sa Parole et n’a pas parlé par Son Ouïe, Dieu ne lui a pas parlé, et lui n’a rien entendu. »

 

(1) Allusion vraisemblable au Cor. 79, 15-16 : « L’histoire de Moïse t’est-elle parvenue ? Lorsque son Seigneur l’appela (nâdâ-hu) dans la Vallée Sanctifiée, Tuwâ (ou « en répétant »). » (Cf. Exode, 3, 4.)

(2) L’éd. Haiderabad porte man au lieu de mimman, le ms. N.O. 2406 porte fî-man = « dans celui qui… »

(3) L’éd. de Haid. Porte dans ce passage également man au lieu de mimman.

 

(Michel Vâlsan, Le Livre d'enseignement par les formules indicatives des gens inspirés, traduction présentation et annotation du Kitâbu-l-i’lâm bi-ishârati ahli-l-ilhâm d’Ibn ‘Arabî dans une série d’articles parus dans la revue des Etudes Traditionnelles, en 1967 : n° 400-401-404 et en 1968 : n°406-407-408, repris dans le recueil posthume du même titre).

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