Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Publié par Abdoullatif

La catastrophe lorsque tu dis à l’un des membres de cette catégorie hostile : « Occupe-toi de toi-même ! », est de l’entendre répondre : « Je ne me dresse contre toi que par zèle pour la religion de Dieu que j’aime d’un amour jaloux. Or, la jalousie en vue de (défendre les intérêts de) Dieu fait partie de la foi » et autres propos semblables. Rien ne saurait calmer (notre excité) qui n’examine pas la question en se disant : « Cela est-il possible ou non ? Dieu a-t-Il pu enseigner l’un de ses protégés (awliyâ) ce qui se déroule dans Sa création – comme ce fut le cas pour al-Khadir – et lui prodiguer des « sciences venant de Lui » dont l’expression ressemblerait à celle dont l’Envoyé de Dieu – sur lui la grâce et la paix – faisait usage (pour exprimer les mêmes réalités) ? » Ainsi que l’affirmait al-Khadir lui-même : Je ne l’ai pas fait de ma propre initiative (ou de moi-même) (Cor.18.82). Pourtant, notre contradicteur prétendait croire à ces réalités lorsqu’elles étaient exprimées par le Prophète !

 

Par Dieu, si tel avait été le cas, il n’aurait pas reproché au saint d’employer à l’endroit de la Majesté divine des formulations telles que « l’assise », « la descente », « l’accompagnement », « le rire », « la joie », « la gaieté », « l’étonnement » et autres expressions semblables, car il n’est rapporté nulle part que le Prophète en ait interdit l’usage aux serviteurs de Dieu. Il nous a même informés que Dieu nous intimait : Vous avez dans l’Envoyé de Dieu un bel exemple (Cor.33.21) ! et aussi : Conformez-vous à moi, Dieu vous en aimera davantage (Cor.3.31) ! nous conviant ainsi à l’imiter et nous le recommandant même ! Or, les propos (de ce saint) relèvent-ils d’autre chose que de l’imitation et de la conformité à l’exemple ?

 

Si une interprétation véridique venant de Dieu nous traverse l’esprit et qu’Il nous enseigne une science venant de Lui, empreinte de miséricorde à titre de gratification de Sa part et de Sollicitude, puisque nous nous trouvons alors dans la situation de celui qui s’applique sur une preuve (bayyina) de son Seigneur, corroborée par un sien témoin (shâhidun) (allusion au verset du Coran.11.17 : Ceux qui s’appuient sur une preuve (bayyina) de leur Seigneur que corroborent un de ses témoins (shâhidun) ainsi que les Ecritures révélées par le passé à Mûsâ) qui n’est autre que notre conformité à la sunna du Prophète et à sa loi que nous n’avons pas défigurée en déclarant licite ce qui est interdit ou interdit ce qui est licite, cela ne relève-t-il pas de la conformité à son exemple (al-ta’assi bihi) ?

 

Nous recherchons simplement pour (exprimer) cette connaissance que nous tenons de Dieu des expressions semblables à celles du Prophète, surtout si l’on nous pose des questions à ce sujet. Car Dieu nous a fait savoir au sujet de celui qui répond à une telle description qu’il convie (les hommes) à Dieu en connaissance de cause (‘alâ baçîra). Appliquer à ces idées (litt. : significations) les paroles mêmes du Prophète entre donc bien dans le cadre de l’imitation recommandée, car s’il en eût existé de plus expressives, il les aurait forcément employées, lui qui était tenu d’exposer clairement ce qui nous a été révélé par son intermédiaire. Et dans un souci de clarté nous ne saurions nous en détourner, y compris en s’étant persuadés que rien ne lui est semblable (Cor.11.42), car, si nous renoncions aux formulations prophétiques pour recourir à d’autres, nous prétendrions implicitement être plus savants au sujet de Dieu que l’Envoyé de Dieu lui-même et avoir plus que lui le souci de la transcendance ! Existe-t-il pire manque de tact ?

 

De plus, de telles expressions (significations, ma’ânî) doivent fatalement échapper à l’auditeur qui entend des formulations différentes de celles qu’employait ce sommet d’éloquence qu’était l’Envoyé de Dieu et le Coran ne nous donne pas la signification (de ces expressions) en vertu d’une correspondance (entre les mots). Aussi, la Loi nous recommande-t-elle l’imitation pure et simple.

 

Notre penseur qui est à l’origine de ces anathèmes (mukaffir) – et de toute cette « théologie » (hâdhâ) – a donc perdu de vue tout ce que nous venons de développer pour l’une de ces deux raisons :

 

S’agissant d’un savant (‘âlim) c’est probablement l’envie (qui l’a conduit à ce déni), Dieu n’affirme-t-Il pas (qu’ils sont) : poussés par la jalousie (Cor.2.109 : Nombre de gens du Livre et de polythéistes, après que la Vérité leur est clairement apparue, aimeraient, poussés par la jalousie, vous faire replonger dans la mécréance…) ;

 

Et quant à l’ignorant, il est a fortiori encore plus ignorant (que le théologien) de tout ce qui relève de la prophétie.

 

(Muhyî-d-Dîn Ibn Arabî, Extraits du Chap.30 des Futûhât : Des deux catégories de Pôles « cavaliers du désert », traduit par A.Penot)

Commenter cet article