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Publié par Abdoullatif

Michel Vâlsan - Commentaire sur les Lettres-Isolées de la sourate Jonas.

Sourate X : Jonas

Texte :

1. ALIF-LAM-RA. Celles-là sont les Signes du Livre Sage. 

Commentaire :

Le est une désignation de la Rahmah (1), ou la Miséricorde, qui est l'« Essence mohammadienne » (adh-Dhâtu-l-muhammadiyyah) conformément au verset : « Et nous ne t'avons envoyé (arsalnâ-ka) que comme Miséricorde pour les mondes » (Cor. 21, 107) (2). Quant à l'Alif et au Lâm leur sens a été expliqué précédemment (3). « Celles-là » ou « ces choses-là » (tilka), que je désigne par les Lettres mentionnées sont les fondements (arkân) du « Livre du Tout-Universel » détenteur de la Sagesse, ou du Livre aux Détails précis et fermement établis.

On peut encore comprendre le début de cette sourate comme une formule de « serment par Allah » (= au nom d'Allah) [aqsimu bi-Llâh], en considérant tout d'abord l'Ipséité-Unité (al-Huwiyyatu-l-Ahadîyyah) d'une façon synthétique, et en considérant ensuite l'Attribut d'Unicité d'une façon distinctive, d'un côté dans l'intériorité propre au Jabarût (le monde des Noms divins et des essences immuables des choses) et d'un autre côté dans l'extériorité propre au Rahamût (le monde manifesté « enveloppé » par la Miséricorde divine), selon ce qui a été dit (4).

On peut enfin comprendre aussi que les « signes du Livre doué de Sagesse » sont les versets de la présente sourate elle-même (5).

(1) Dont il est l'initiale.
(2) Il s'agit plus exactement de l'aspect législatif de la personnalité de Muhammad, car son caractère de « miséricorde » (rahmah) est, dans le verset cité à l'appui, rattaché à sa « mission législative », en arabe risâlah, mot technique de la même racine que le verbe arsalnâ-ka dudit verset. Cette précision est nécessaire aussi pour marquer une distinction entre le symbolisme de la lettre qui est homologuée ici à l'« Essence mohammadienne » (adh-Dhâtu-l-muhammadiyyah) et celui de la lettre Mîm que l'on trouve par ailleurs désigner la « Réalité mohammadienne » (al-haqîqatu-l-muhammadiyyah), expressions qui pourraient être facilement confondues.
(3) Cf. les commentaires des sourates : II, de la Génisse et VII, des Limbes. [Dans La Génisse : « L’Alif est une désignation de l’Essence (Dhât) qui est le principe de l’Existence » (Awwal al-wujûd), et « le Lâm est une désignation de l’intellect Actif (al-‘Aql al-Fa’’âl), autrement appelé l’Ange Gabriel (Jibrâ’îl) ». Dans Les Limbes : « L’Alif est une désignation de l’Essence Unitaire (adh-Dhât al-Ahadiyyah) et le Lâm, une désignation de l’Essence avec son Attribut de Science (al-‘Ilm). »]
(4) L'Alif désignerait ainsi l'Ipséité-Unité, le Lâm l'attribut de l'Unicité dans l'intériorité du Jabarût et le ce même attribut dans l'extériorité du Rahamût.
(5) Le mot âyât signifie beaucoup de choses à la fois : « sigles », « signes », « miracles » et « versets » d'un livre révélé.

[Michel Vâlsan, Les Commentaires sur les Lettres-Isolées (Abdur-r-Razzâq al-Qâchânî), revue Études Traditionnelles, n°381, Janv.-Fév. 1964, p.37-38].

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